vendredi 26 mai 2017

Neuf trahisons. Preuve par 9.

Profitant de ce long pont de l'Ascension, nous invitons nos lecteurs à l'étude attentive de cette  lettre adressée à M l'abbé Bouchacourt. Elle ne recevra sûrement pas de réponse puisque telle est désormais la politique des supérieurs de l'actuelle FSPX mais elle a le mérite de résumer de façon synthétique toutes les erreurs qui se sont infiltrées au sommet de cette congrégation. 
 
Monsieur le Supérieur de District,

Pathétique, psychodramatique si ce n'est psychopathique. Tels sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit suite à votre réaction épidermique à des déclarations publiques de fidélité de 7 doyens et 3 supérieurs de Communauté co-signataires.

Leur acte public qualifié de « subversif »? Une profession de foi à leurs fidèles, qui en attendaient une depuis l'apostasie silencieuse grandissante à la tête de la FSSPX, qui se pare des vertus de prudence et d'obéissance aux « autorités romaines ». Profession mal argumentée d'ailleurs, puisqu'à votre exemple, elle fait de la Suprema Lex non un devoir absolu, mais une simple « permission canonique » qui « l'autoriserait » à désobéir. Vous voilà donc tel Caïphe déchirant vos vêtements face à des « subversifs » au demeurant fort obéissants. C'est dire si pour vous l'obéissance de l'apôtre doit être non seulement aveugle, mais muette!

Je pense que le mieux pour votre carrière (et peut-être votre salut) est de suivre le chemin de votre prédécesseur, démissionner et quitter la néo-FSSPX, mais pour un motif contraire à celui de M l'abbé de Cacqueray. Lui en effet avait réussi un quasi miracle, celui de faire collaborer à la « Lettre à nos frères prêtres » deux tempéraments aussi éloignés que la paille et le sycomore, respectivement les abbés Celier et de la Roque. Il avait aussi eu le courage de contrarier plusieurs fois publiquement la ligne «pseudo-diplomatique », traître car crypto-conciliaire, du chapitre 2012, et d'être obligé de rentrer dans le rang officiel, après réprobations à peine voilées de ses supérieurs. Si son motif de démission fut publiquement une vocation à épouser à Aurenque Dame Pauvreté de St François, Dieu l'y a certainement poussé aussi pour raison de « Nullam partem » avec la trahison de ses chefs.

Vos motifs à vous d'une démission actée sont déjà, pour reprendre vos propres termes, une trahison, une subversion et une prise d'otages des fidèles par Menzingen. 

La preuve par 9.

1- Trahison et subversion du chapitre 2012.

L'éjection de Mgr Williamson et de certains prêtres façon Paul VI versus Mgr Lefebvre (faux procès et faux suspens a divinis) n'est qu'un prétexte pharisien pour un second retour du Rhin épuré par Mgr Lefebvre, se rejetant dans le Tibre, nauséabondé par les Bataves. Des vocations « prussiennes » et de simples gardes suisses de Rome ont fait du chapitre 2012 un vrai mini-Concile Vatican 2 à la tête de « la Frat ». Elle n'est plus FSSPX, mais FSSPie Rbis (révolution bis, Pierre bis).

2- Trahison et subversion de la Tradition apostolique.


Pour Mgr Lefebvre et de Castro-Mayer comme pour Mystici corporis, le principe d'unité de l'Église est d'abord le Saint-Esprit, précisé Esprit de Vérité, et non d'abord le pape, principe de gouvernement au service de cette unité première du dogme catholique, incontournable. Lors du sermon des sacres de 1988, Mgr Lefebvre prit grand soin de rappeler ce que Mgr de Castro-Mayer avait rappelé à ses prêtres de Campos, l'autorité de la Tradition, autorité objective supérieure même à celle subjective des papes. C'est l'autorité du Commonitorium de St Vincent de Lérins, qui subsiste comme « buttes-témoins » lors de l'effondrement « géologique » de la papauté, actualisée des Syllabus de tous les papes anti-révolutionnaires jusqu'à Pie XII inclus (Jean XXIII exclus, Roncalli fut notoirement silloniste et douteusement élu pape, fait historique qui même si la fraude est prouvée un jour, ne suffit pas selon St Robert Bellarmin à le déclarer urbi et orbi « non pape »). La Tradition apostolique est un « verbe » et une « herméneutique de l'Ecriture », que le St-Esprit spire dans la bouche de l'apôtre véritable, y compris parfois contre la juridiction ordinaire défaillante. Ce qui fait du corps social de l'Église moins une armée soumise aveuglément à son chef le pape, qu'une milice (père Calmel) souvent de « francs-tireurs », « hors ordinaires » des évêques voire de papes (St Athanase).

Ne pas dénoncer la rupture radicale entre la Tradition apostolique et la Rome conciliaire est une trahison et une subversion.

3- Trahison et subversion du dogme sur l'Église. 


Dans la définition dogmatique de l'Église, la soumission (pas forcément active) au Souverain Pontife vient en 3ème position, après 1) la nécessité du baptême valide (éventuellement celui de désir vu de Dieu seul), et après 2) la profession de la foi exclusivement catholique, en « primauté » celle des papes!

« Un baptisé » quitte le corps de l'Église au for externe de quatre façons: schisme notoire, hérésie formelle, apostasie, excommunication valide (celle de Mgr Lefebvre fut invalide). Apostasie, schisme et hérésies sont formels et notoires lors du Concile Vatican 2, ce qui a conduit Mgr Lefebvre à faire sa déclaration de Novembre 1974: « Nous refusons la Rome néo-protestante », et à dire plus tard: « Ils ont quitté l'Église, c'est sûr, sûr, sûr! ». A la suite de quoi les papes eux-mêmes ont avalisé une « papauté renversée, subvertie, réformée, révolutionnaire », jusqu'à la pseudo-canoniser en 1983, ce qui a fait dire aux deux évêques consécrateurs: « C'est une nouvelle religion. Nous avons affaire à une contre-façon de l'Église. Ce code 1983 est pire que le novus ordo ».

Quant à toutes leurs « sanctions » (canonisations ou excommunications), elles sont nulles car prononcées au nom d'une « église » qui n'est pas l'Église. En effet, quelles sont les « autorités hiérarchisées » de l'église dite conciliaire?
– NSJC ? Non, un Concile, couronné et idolâtré en lieu et place de NSJC découronné,
– le Saint-Esprit de Vérité ? Non, un « esprit » d'une nouvelle fake Pentecôte, fake new evangelisation, en lieu et place du St Esprit soumettant l'intelligence à la Tradition apostolique, 
– la Tradition apostolique ? Non, une « nouvelle tradition », celle de la Contre-église maçonnique, la Révolution,
– des papes vicaires de NSJC? Non, mais selon Lupus à Volpe, vicaires d'un Concile apostat, canonisant l'appareil des modernistes que le père Calmel appelait le pandemonium de l'antéchrist. C'est donc par la « juridiction ordinaire romaine » que la Révolution:
– d'une part corrompt le catéchisme, le pouvoir d'ordre et tous les sacrements,
– d'autre part arrache les âmes à l'Église en les privant de foi certaine et des sacrements qui font naître, nourrissent et affermissent cette foi.
Dire des hommes d'Eglise conciliaires qu'ils « sont l'Eglise » comme l'affirme Mgr Fellay, est une trahison et une subversion, avalisant celles de l'Eglise par des hommes d'Eglise.

4- Trahison et subversion de l'état actuel de nécessité, et de la juridiction de suppléance.

L'état actuel de nécessité n'a jamais été prévu dans son ampleur par aucun code canonique. Il est donc insuffisant de faire appel à une « permission canonique » pour y pallier.
La juridiction ordinaire n'a d'autorité que pour la vérité (St Paul), et a pour précepte de confirmer dans la foi, foi nécessaire (mais pas suffisante) de moyen. Le pouvoir de juridiction est à la nécessité de précepte (contournable), ce que le pouvoir d'ordre est à la nécessité de moyen, incontournable, l'état de grâce pour être sauvé. La juridiction de suppléance est toujours exclusivement personnelle, mais non plus locale ou conjoncturelle. Du fait que c'est l'Ordinaire romain qui n'est plus conforme à la Tradition apostolique, la suppléance (comme la nécessité) est universelle et structurelle:
– la Suprema Lex est, pour tout clerc, au-dessus de tout droit canon, un devoir universel et non une « permission romaine », article x, y, ou z. Pour le laïc, c'est la profession de foi, « programme qu'il n'est point nécessaire d'en attendre l'ordre express des supérieurs » (Dom Gueranger),
– la juridiction ordinaire romaine n'est plus au service du pouvoir d'ordre, qu'elle corrompt et rend douteux (Mgr Lefebvre : « tous leurs sacrements sont douteux », y compris le mariage !),
– la juridiction conciliaire n'est qu'un précepte, mais qu'il est nécessaire de contourner d'autant plus de moyen, qu'elle est un précepte de perdition universelle!

La nécessité de moyen étant l'état de grâce des fidèles, implique une nécessité de précepte: continuer le pouvoir d'ordre sacramentel par une juridiction de suppléance « hors Ordinaire romain, universel », tant que ce dernier couronne un Concile apostat en lieu et place de NSJC, Souverain prêtre et Roi découronné.
Envisager seulement d'accepter une « normalisation canonique » par la Rome actuelle, c'est accepter le couronnement du Concile Vatican 2, découronnant et éclipsant NSJC. Trahison, Apostasie, subversion.

5- Trahison et subversion de la charité pastorale au service de la pureté doctrinale.


Ordinations de juin 2011. Mgr de Galarreta: « Les discussions doctrinales actuelles à Rome sont un acte de charité pastorale au service de la pureté doctrinale, pour que Rome retrouve la Tradition de l'Église, « sa » Tradition ». C'était louable malgré la naïveté d'en obtenir « facilement » une amélioration, alors que le huis clos exigé était déjà « mettre la lumière sous le boisseau »... NSJC et sa Sainte Mère ne semblent pas avoir accordé beaucoup de grâces à ce genre d'apostolat: Rome ferma le dossier de ce « dialogue de sourds », pour dire maintenant passons à la « praxis », obéissez...

Retour de veste du même en 2013: « Tout se passe comme si l'accord doctrinal relevait d'une question pratique, d'un pragmatisme ». C'est la « synthèse » de l'abbé Pfluger: « Thèse, nous avons le droit. Antithèse, nous sommes inaudibles. Synthèse, taisons-nous et recollons les morceaux de la mésentente entre NSJC et le Sanhédrin ». A la sortie du Cénacle après la Pentecôte, à quel camp appartient Mr l'abbé Pfluger? Le contraire de la Croix, Vérité qui sauve celui qui la dit autant que celui qui la reçoit, et qui n'attire tout à Elle que si Elle est élevée de terre, et non mise sous le boisseau.

6- Trahison et subversion de la vocation prochaine de la FSSPX, le rêve de Dakar.


Jusqu'à Pie XII, le rêve de Dakar ne posait aucun problème de juridiction ordinaire. La vocation première de la FSSPX, « Père, sanctifiez-les dans la vérité », était une œuvre de formation doctrinale, orientée surtout pour « vacciner » les prêtres des subtilités libérales, modernistes et néo-modernistes diaboliques (théologie de la libération, mais aussi contre les Teilhard de Chardin, Chenu, Congar, de Lubac, Rahner, tous seulement interdits par Pie XII de « cathedra », chaire d'enseignement. St Pie X les aurait-il excommuniés? Dieu seul le sait).

Avec le Concile et la nouvelle Rome retournée, papauté réformée, refusée dans la déclaration de Novembre 1974, il s'agit en plus d'arracher prêtres et fidèles à une telle « juridiction ordinaire » de perdition des âmes. D'où le cri de l'Apôtre lors des sacres de 1988:
« Votre manifestation n'est pas seulement naturelle, mais surnaturelle, celle d'avoir enfin des prêtres catholiques, qui vous donnent la foi, et les moyens de la garder, les vrais sacrements, les vrais catéchismes ».
Quant aux sacres d'évêques? Simple comme Dieu: « Vous savez bien chers fidèles, qu'il n'y a pas de prêtres sans évêques. Et qui confirmera vos enfants demain? ».
Causa finita!

7- Trahison et subversion de la vocation éloignée de la FSSPX, le salut des fidèles, et non la conversion de Rome!

Le second coup de maître de Satan est de faire croire que s'opposer à Rome « trop longtemps » est un « début de schisme, de sédévacantisme pratique ». Passons allègrement sur les fausses accusations du ci-devant sieur abbé Pfluger, le « sédévacantisme pratique » dont il se garde bien d'en accuser Mgr Lefebvre!
Mais « Trop longtemps »? Mgr Tissier de Mallerais théorise sur le fait que Dieu ne peut pas laisser Son Église « trop longtemps » dans cette crise... C'est être hors sol, car du temps d'Athanase, la société même païenne de l'époque était moins perverse qu'aujourd'hui, alors que le sens escatologique de l'histoire est celui d'une décadence accrue avec l'abandon des dons de la grâce après les avoir reçus. S'il n'est jamais trop tard, on se rapproche toujours du trop tard, au risque d'être en retard non seulement d'une guerre, mais d'une apocalypse. Satan refait le coup du 17ème parallèle au Vietnam! Le Politburo soviétique et Krouchtchev disputaient s'il fallait négocier avec les USA le 18ème ou le 19ème parallèle pour séparer le Nord-Vietnam du Sud-Vietnam. Quel éclat de rire lorsque les USA proposèrent d'entrée de jeu le … 17ème! Mgr Tissier présuppose que 50 ans après le Concile, on peut faire confiance à Dieu pour transformer un accord pratique en « conversion de Rome ». On sait ce qu'il advint même du 17ème parallèle, alors que l'ennemi n'en demandait pas tant! ...

Mgr Lefebvre, tel le Bon Pasteur à la recherche de « la » brebis perdue, avait le souci des âmes plus que le souci de « Rome ». Rome, le pape? Restons modestes et humbles! Laissons ce mystère et la « conversion de Rome » à Dieu, mieux à la Mère de Dieu. Mais notre devoir d'état? Ne pas nous taire, être des Syllabus vivants, contre les anti-syllabus de Jean, Paul, Jean-Paul, Benoit, François et les autres. Et ceci urbi et orbi: s'il faut aller à Rome, n'y allons que pour le dire publiquement, et non en « huis clos » de discussions doctrinales, et certainement pas pour en recevoir des « privilèges » aussi exorbitants que « extra-ordinaires », comme le rite seulement toléré comme soit-disant « extra-ordinaire alors que c'est le novus ordo qui est extra-catholique, dans une « église » qui ne supporte pas le privilège d'avoir le don de foi catholique, ni celui de détenir la vérité comme un héritage à transmettre.

8- Trahison et prise en otages des institutions catholiques de la FSSPX.

Les laïcs ont confié leurs âmes et leurs enfants à la direction spirituelle des hommes de la FSSPX, et avec eux institué des écoles, chapelles ou églises. Ici, autant les prieurés sont la propriété morale de la FSSPX, écoles, chapelles et églises sont la propriété morale de l'Eglise ! Evidemment, ce sont autant de « bastions » que la Révolution a toujours cherché à détruire, « solver et coaguler» si possible par la tête, leurs chefs. La prélature personnelle est aussi un moyen de transfert de propriété morale de toutes les œuvres communes de l'Eglise, à la seule personne morale qu'est la FSSPX. Puis à Rome via « le pape seul ». Mais quelle Rome ? Celle qui détourne tous les biens de l'Eglise vers tout ce qui n'est pas l'Eglise, comme ce fut le cas pour l'AED du père au lard, utilisée pour aider les schismatiques des pays de l'Est...

Première erreur de la FSSPX: considérer leurs fidèles comme « appartenant à » la FSSPX. Or les fidèles appartiennent à l'Église, sont soumis « légalement » à la juridiction conciliaire, et ne sont soumis que « moralement » à une juridiction de suppléance personnelle des prêtres de la FSSPX, et non pas collective : la FSSPX n'est pas une « église de suppléance », mais une fraternité sacerdotale, sans aucune juridiction ordinaire autre que celle canonique du Supérieur général sur les membres de la FSSPX, mais absolument aucune juridiction ordinaire sur aucun laïc.

Le chapitre de 2012 semble bien avoir établi une sorte de prélature personnelle de Mgr Fellay, qui ne respecte plus les statuts canoniques de 1917. La question n'est donc plus celle d'une prélature, mais de la régularisation « 1983 » d'une prélature encore « sous statuts 1917 corrigés 2012 en interne » (ceux de Mgr Lefebvre revus par Mgr Fellay!).

2012 a donc aussi été une prise en otages de toutes les personnes et œuvres de la FSSPX, dans une prélature personnelle « anticipant » sa régularisation romaine à venir.

9- Trahison et subversion des institutions catholiques par leurs chefs.


Ce sont les supérieurs qui font les inférieurs. La prélature de Mgr Fellay a déjà évacué des chapelles les anti-poisons, tels que le Sel de la Terre des dominicains d'Avrillé, dont le seul tort a été leur réponse vraie sur une « éventuelle » prélature personnelle « romaine » de la FSSPX. Le même chantage à la confiance aveugle et à une « obéissance à Mgr Fellay, sorte d'anti-pape », agit sur les bénédictins et les capucins, via Mgr de Galarreta. Il s'agit maintenant de « solver », introduire les empoisonneurs et leurs poisons, le clergé et les sermons conciliaires ralliés ou conservateurs. 
Mais comme le dit si bien Mr l'abbé Schmidberger, l'avenir est la normalisation! Autrement dit le « coagula »...

Conclusion?
Le salut est dans la « clôture versus la FSSPie Rbis » pour les religieux, dans la fuite pour les laïcs, le vote des pieds... 
Kyrie eleison, Seigneur donnez-nous beaucoup de saints évêques !
Laïcs, rejoignez la Reconquista, http://cristiadatradicinalista.blogspot.fr/
Veuillez agréer, Monsieur le Supérieur de District, l'expression de mon Nullam partem in Christi veritatis rege per semper virginem Mariam,

Un fidèle neuf fois trahi.

jeudi 25 mai 2017

Paris vaut bien une Messe

Avis spécial aux fidèles parisiens

Nous constatons avec tristesse la lente mais inéluctable dérive de la fsspx vers un ralliement canonique et donc moral à la Rome conciliaire. 

Nos anciens prêtres (Mgr Ducaud bourget, abbé Serralda, abbé Coache etc ..)  s'étaient justement battus dans les années 70 et 80 pour nous éviter un tel malheur : celui d'être soumis à des autorités modernistes qui détruisent la Foi Catholique.
Les fidèles ont pu  constater cette triste réalité de l'actuelle fsspx à l'occasion de la brutale expulsion de M l'abbé de la Rocque par les autorités de la fsspx. Aussi nous ne pouvons pas rester indifférent devant une telle injustice à l'encontre de notre ancien prieur d'une part et nous laisser absorber passivement par la Rome de François.

C'est pourquoi, en accord avec les prêtres de la fidélité catholique, nous proposons aux fidèles qui le désirent que des Messes de la fidélité catholique soient dites sur Paris intra muros.

Mais il nous faut  trouver un local (ou une chapelle) qui pourrait permettre à nos prêtres fidèles de venir et de pouvoir offrir la Messe et prêcher librement la vérité catholique.

Nous faisons donc appel à votre générosité, ingéniosité et à votre zèle pour nous trouver (ou nous offrir !) un tel lieu car il est  vrai que "Paris vaut bien une Messe".

Un groupe de fidèles parisiens.
Pour toute proposition vous adresser à des prêtres de la fidélité ou à cette adresse électronique : messedelafideliteparis@gmail.com



Ascension : habiter au ciel en esprit.

 Pour la fête de l'Ascension, voici un beau sermon à écouter et à mettre en pratique :

 Sermon du RP Marie Laurent à écouter ici
 Sermon à télécharger : ici


mercredi 24 mai 2017

Nouvelles du Québec

Note : nous avons reçu ces dernières nouvelles du Québec. De quelque côté de l'Atlantique que l'on se trouve, on retrouve les mêmes difficultés, les mêmes basses manœuvres.


Fausse crise dans Tradition Québec : Lumière sur une manipulation savamment orchestrée

 « Je ne connais pas l'homosexualité, comme je ne connais
pas l'hétérosexualité.  Je ne connais que des êtres vivants
qui essaient d'aimer. » -Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Différents livres de cet auteur étaient en vente à la 
procure de l'abbé Berteaux.
Fondé en 2015 par quelques militants, le Mouvement Tradition Québec se plaçait volontairement sous l’aumônerie de l’abbé Pierre Roy, un jeune prêtre canadien-français apprécié pour son patriotisme bien ordonné et pour son intransigeance exemplaire.

L’abbé Roy se retirait de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X suite à un sermon choc, au printemps 2016, qui allait déplaire à la hiérarchie et expliquait sa décision dans une lettre datée du 3 juin 2016 :

« Cette nouvelle ligne de conduite de notre Fraternité est imposée aux prêtres, à de nombreux prêtres qui ne l’ont jamais désirée. Réduction au silence, mutations, promotions, procès, menaces, promesses, exclusion, tout devient légitime quand il s’agit de défendre la « position de la Fraternité » qui est en fait – comme toujours dans les révolutions – la position d’une minorité qui a pris le pouvoir et qui manipule avec habileté une majorité passive. »

Un pèlerinage sous le signe de Vatican II
Malgré le départ de l’abbé Pierre Roy de la Fsspx, le Mouvement Tradition Québec désireux de poursuivre ses activités collaborait toujours avec la Fraternité. L’abbé Couture reprit l’aumônerie du mouvement, supérieur du District du Canada, bien que l’abbé Roy n’ait jamais été démis officiellement de ses fonctions.

En automne 2016, le président fondateur du Mouvement, Étienne Dumas, adressait des plaintes au supérieur de district à propos du libéralisme galopant au sein du prieuré de Lévis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. La suite des événements allait donner raison à l’aumônier exilé, l'abbé Pierre Roy.

« Il demeure cependant évident que plus la situation ira se dégradant, plus il deviendra nécessaire de s’occuper des âmes qui se sentent trahies et trompées au Québec. » Abbé Pierre Roy, 3 juin 2016.

Chronologie de la manœuvre

Novembre 2016 :
Plusieurs passages des constitutions d’origines du Mouvement Tradition Québec gênent alors la nouvelle aumônerie (qui a déjà son nouveau candidat potentiel au sein de la direction de Tradition Québec) :

« Le Mouvement Tradition Québec possède une identité de buts avec ladite Fraternité. C'est donc comme collaborateur qu’il se place avec cette dernière, conservant toutefois son autonomie, désirant être par sa nature le glaive temporel de l'Église catholique et romaine au Québec. » Constitutions du Mouvement Tradition Québec

L'abbé Olivier Berteaux
Une rencontre est donc organisée à Lévis, les constitutions sont modifiées sous la supervision de l’abbé Daniel Couture et de l’abbé Olivier Berteaux, pour tenter d’assurer un contrôle direct de la Fraternité sur le Mouvement Tradition Québec. Avant cette réunion, l'abbé Couture avait promis à monsieur Dumas que l'abbé Berteaux ne serait présent qu'une partie de la réunion, et qu'il ne se mêlerait pas des constitutions du mouvement (ce qui ne fut pas le cas).
Les deux membres fondateurs, qui composent somme toute la moitié du comité, refusent de signer la constitution truquée.

Décembre 2016:

Deux membres de Tradition Québec, appuyés par les prêtres du prieuré de Lévis, font tout pour miner la crédibilité et détruire la réputation du président du Mouvement. La médisance, la calomnie et les injures foisonnent de toutes parts contre monsieur Étienne Dumas qui maintient autant que possible les activités et les orientations de Tradition Québec.

Camp de jeunes chez l'abbé Chazal

Les abbés Chazal et Picot ont réussi ce joli coup de force d'organiser un camp de garçons sur la belle colline de Cebu. L'abbé Picot, aidé des séminaristes, a mené ce camp (et toute cette troupe), d'une main de maître malgré les circonstances particulièrement difficiles.
Preuve de l'esprit missionnaire de la résistance catholique et qu'aucun obstacle humain ne saurait tarir la grâce de Dieu. 
Que les Européens en prennent de la graine !









lundi 22 mai 2017

Confirmations le samedi 24 juin à Avrillé

Les confirmations pour l'ouest de la France auront lieu cette année le samedi 24 juin à Avrillé au couvent de la Haye aux Bonshommes.
C'est Mgr Faure qui, cette année, confèrera le sacrement.
Toutes les personnes intéressées peuvent s'adresser aux Dominicains (par téléphone au 02 41 69 20 06 ) ou au séminaire St Louis-Marie (par téléphone au 09 83 90 56 09).

Quelques avis importants pour le bon déroulement de la cérémonie :
  1. Il est tout d’abord absolument nécessaire de nous envoyer dans les plus brefs délais (au couvent)  le certificat de baptême (si cela n’a pas été encore fait). Si le certificat ne nous est pas parvenu, nous serions dans l’obligation de refuser vos enfants ou vous-même à ce sacrement.
  2. Une récollection est prévue pour les enfants le matin au couvent.  Ne pas oublier de communiquer en ce jour le prénom de confirmation que prendra le confirmé.  Cette récollection sera l’occasion pour les confirmands de mieux connaître la valeur surnaturelle de ce sacrement.
  3. Pour ceux qui suivent la récollection, il sera possible de se confesser à ce moment-là. 
  4. Tous, sans exception, devront être confessés pour recevoir ce sacrement. 
  5. Pour que le Saint-Esprit puisse agir fructueusement dans les âmes, il serait très souhaitable que les confirmands fassent une neuvaine préparatoire en récitant quotidiennement le « VENI CREATOR …. » 
  6. Enfin, que tous (confirmands, parrains et marraines) soient habillés de façon correcte et décente (pantalon, bras couverts pour les garçons et jupes pour les filles et marraines).


La Résistance catholique a toujours tort !

(inspiré de "M. le curé a toujours tort", avec la néo-FSSPX c'est plutôt le fidèle qui a toujours tort !)

Le résistant a toujours tort :
- s'il est prêtre : il se mêle de politique au lieu de s'occuper de son apostolat
- s'il est laïc : il n'est pas compétent pour donner son avis
- et s'il est évêque ? il a perdu le sens de l’Église !

s'il est plutôt porté sur la piété : c'est un rigoriste, voire janséniste
s'il est plutôt porté sur les débats : c'est un polémiste

s'il n'a pas d'enfants : il ne voit pas les fondations dans la durée
s'il a des enfants : c'étaient des enfants difficiles avec des parents compliqués

s'il est récemment converti : il manque de recul, il donne dans l'excès de zèle
s'il est depuis longtemps dans la Tradition : il est resté sur une image simpliste de Mgr Lefebvre

s'il est troublé par tout ce qui se passe suite au Concile : il a donc le jugement incertain (puisqu'il est dans le trouble)
s'il n'est pas troublé par quoi que ce soit : c'est un froid raisonneur, sans âme

s'il est très instruit en philosophie et théologie : il développe un esprit d'indépendance
s'il est peu instruit : il manque évidemment de jugement

s'il est français : esprit contestataire et revendicatif, c'est une influence inconsciente de la révolution français
s'il est anglais : il est suspect
s'il est sud-américain : c'est un naïf
s'il est asiatique : il est ambigu
s'il est africain : il est fantaisiste

s'il entraîne d'autres gens : il se prend pour Spartacus
s'il se laisse entraîner : il est influençable
s'il se renseigne par Internet : on a bien dit qu'Internet est mauvais !


par Gillou

dimanche 21 mai 2017

Consécrations accomplies

Kyrie Eleison DXIV (21 mai 2017)


L’Église séculaire ne peut périr.

Quand les hommes feront sans faiblir

Comme Notre-Dame a demandé,

Ils verront sa promesse se réaliser.


Grâce, sans doute en partie, aux prières de nos lecteurs, les deux Consécrations, celle de Mgr Zendejas et celle de la Russie, se sont bien déroulées, les 11 et 12 mai respectivement à Vienne, en Virginie, aux États-Unis. Le 11 mai, la météo n’était pas brillante : il tombait des trombes d’eau. Mais la tente, parfaitement étanche, abritait environ 500 personnes venues de tous les États-Unis, quelques-unes d’encore plus loin. Le 12 mai, le temps s’est un peu rétabli pour la première Messe Pontificale du nouvel évêque, et pour la Consécration de la Russie devant une assemblée à peine plus réduite que la veille.

Nous avons tout particulièrement à remercier l’abbé Ronald Ringrose, curé traditionaliste de Vienne, car c’est sur sa paroisse que cette double Consécration a pu avoir lieu. Depuis plus de 30 ans, ce prêtre a maintenu la paroisse St Athanase, située à proximité de la capitale des États-Unis, comme un bastion de la Tradition catholique. Performance remarquable par ces temps si troublés dans l’Église catholique. “Ad multos annos”, dit notre Mère l’Église à ses fidèles serviteurs – Puisse l’apostolat de l’abbé Ringrose prospérer encore de nombreuses années.

Pour ce qui est du but et la portée de ces deux Consécrations, il importe d’être à la fois modeste et clair. Depuis Vatican II (1962–1965), lorsque les clercs catholiques firent en masse leur soumission au libéralisme (le culte de la liberté) et au modernisme (l’adaptation de l’Église de Dieu au monde moderne sans Dieu), l’Église s’est trouvée confrontée à de sérieux problèmes. En 1970, Monseigneur Lefebvre créa la Fraternité Saint-Pie X pour servir d’éclairage de secours à cette Église qui s’enténébrait. Mais voilà que ceux qui lui ont succédé à la tête de la Fraternité font tout ce qui est en leur pouvoir pour éteindre cet éclairage de secours. La consécration de Monseigneur Zendejas peut être comparée, modestement, à une bougie qu’on allume, ou à une allumette dont la lueur perce l’obscurité toujours plus épaisse. Il n’y a là aucune ambition de sauver ou de convertir la Néo-Eglise ou la Néo-Fraternité.

Ces consécrations visent plutôt de contribuer à sauver la Foi ancestrale qui reste au cœur de l’Église véritable et de la vraie Fraternité. En exerçant son ministère principalement aux États-Unis, quoique sans juridiction territoriale de nature officielle, Monseigneur Zendejas contribuera à soutenir bien des âmes qui ont la vraie Foi et qui veulent la garder. Au cas où quelque chose arriverait aux avions, on pourra toujours le rejoindre en voiture ou en train à partir de n’importe quel coin d’Amérique du Nord. Nous avons en lui un évêque relativement jeune, doté de la plénitude de l’Ordre, certainement valide, ce qui lui confère le pouvoir de confirmer ou d’ordonner, avec ou sans condition. Et il est, par la grâce de Dieu, au moins pour l’instant, lucide et sain d’esprit – en anglais, le mot « sanity » contient les trois quarts des lettres du mot « sanctity ». “ Prions pour qu’il demeure sain d’esprit pour de nombreuses années, ou du moins, jusqu’à ce qu’un pape véritablement catholique rallume les lumières dans l’Église. A ce moment-là, Monseigneur Zendejas remettra son épiscopat entre les mains de la Rome catholique, laissant le pape en faire ce qu’il lui plaira. En attendant, puisse notre nouvel évêque être comme une bougie qui brille dans les ténèbres ; qu’il soit une référence pour toute âme cherchant la Vérité complète et sans compromis.

Quant à la Consécration de la Russie, les quatre évêques présents y ont procédé la veille du centenaire de la première des grandes apparitions de Notre-Dame à Fatima. Ce faisant, ils n’ont point eu la prétention de remplacer la Consécration que le Pape en personne et les évêques du monde entier doivent faire pour accomplir ce que Notre-Dame a demandé. Ils ont été simplement animés par l’espoir qu’en faisant ce qui dépendait d’eux, avec le soutien de toutes les personnes présentes, ils pourraient contribuer à obtenir du Ciel les grâces nécessaires pour que le pape accomplisse enfin la Consécration de la Russie, exactement comme Notre-Dame l’a exigée depuis si longtemps. Cette Consécration finira bien par se faire, puisque Notre-Seigneur l’a dit en 1931. Alors, adviendra le Triomphe du Cœur Immaculé, si nécessaire et si longtemps retardé.

Kyrie eleison.

samedi 20 mai 2017

Monseigneur Lefebvre condamné par Menzingen pour avoir fait de la subversion



 Le 15 décembre 1983, Mgr Lefebvre expliquait aux séminaristes d'Ecône la raison de sa lettre ouverte au pape Jean Paul II. Il explique à ces derniers qu'il avait essayé de récolter le maximum de signatures parmi ses confrères dans l'épiscopat mais que tous (sauf Mgr de Castro Mayer) s'étaient désistés par peur (Mgr Adam et Mgr Graber entre autres). Mgr Lefebvre a essayé de maintenir le secret le plus longtemps possible pour faire "choc". Entre 1983 et 2017, on est donc passé de l'ère de la vérité à l'ère de la terreur dans la FSSPX.

 En audio : conférence aux séminaristes le 15 décembre 1983  
télécharger la conférence : ici 

"Puisque nous avions voulu faire choc avec notre lettre ouverte au pape, c’est pourquoi nous avons essayé d’obtenir le secret le plus absolu, mais les séminaristes devaient bien savoir quelque chose puisqu’ils savent tout… Je ne sais pas si le secret a été bien observé, mais en tout cas nous avons essayé de le garder…

Et alors il faut que je vous explique quand même un petit peu, en deux mots, comment les choses se sont passées. Ce n’est pas la première fois que nous avons le désir de parler publiquement, de faire quelque chose. Déjà l’année dernière, Mgr Graber, l’ancien évêque de Ratisbonne, m’avait demandé de venir le voir et avait préparé lui-même une protestation, une lettre publique au pape, assez brève, mais il avait l’air d’y tenir beaucoup. Alors nous avions discuté et je l’avais encouragé à demander d’essayer d’avoir la signature de plusieurs autres évêques, en particulier de Mgr Adam et peut-être du Cardinal de Tolède, enfin d’essayer d’avoir quelques signatures… Ce qui avait été fait. J’avais été voir Mgr Adam exprès, avec le document de Mgr Graber pour lui demander s’il accepterait de signer. Mgr Adam a dit : - Il faudrait que le pape soit d’accord… Et puis le séminaire de Zaitskofen a tout préparé. J’avais envoyé la liste que j’avais des 450 évêques qui avaient demandé la condamnation du communisme pendant le Concile. J’avais fait une photocopie, je l’avais envoyée à Zaitskofen et toutes les enveloppes ont été préparées, les traductions en diverses langues pour que ce document soit envoyé à travers le monde entier, à environ 350 évêques, il y en a bien une centaine qui sont morts depuis le Concile… Et puis, ma foi, à la dernière minute, lorsque le moment était venu d’envoyer tous les documents, Mgr Graber a dit : - Non, non, je ne le fais plus !… Il était allé à Rome entre-temps, il avait dû voir Mgr Ratzinger, il a dû lui confier son désir de faire une lettre de ce genre et Mgr Ratzinger a dû lui dire : - Non, non, non, ne faites surtout pas ça Et en attendant il a été nommé assistant au trône pontifical !… Alors ça nous a fait perdre ça presque un an dans notre désir de faire quelque chose publiquement…

Puis ensuite, c’est avec Mgr Castro Meyer que les choses se sont précisées davantage. J’avais bien essayé plusieurs fois de faire quelque chose avec Mgr Castro Meyer. Lui-même était très désireux de le faire, il m’a écrit souvent en me disant : - Envoyez-moi… faites quelque chose… Mais avec cette affaire de Mgr Graber, ça avait retardé les choses et puis les communications sont assez longues avec le Brésil. Lui-même était assez occupé avec toutes les difficultés que le nouvel évêque progressiste fait à ses prêtres. Alors c’était vraiment difficile d’organiser quelque chose, si bien que cette fois-ci, avant de partir pour l’Amérique du Sud, j’avais dit à Mgr Castro Meyer : - Écoutez, ne venez pas seulement me voir pendant une matinée à Rio de Janeiro, on ne peut rien faire pendant une matinée, on ne peut pas travailler, ce n’est pas possible. Il faut que nous puissions au moins avoir deux jours, sinon trois jours pour pouvoir faire quelque chose de bien… Alors de fait, Mgr Castro Meyer, cette fois-là est resté trois jours avec moi à Rio de Janeiro et il avait déjà préparé un document. Je dois dire, en réalité, que le document est plus de Mgr de Castro Meyer que de moi. Il avait déjà écrit le document pratiquement. On en a discuté. J’ai repris la lettre avec moi, j’ai changé un peu la lettre après avoir traduit du portugais, mais le résumé des erreurs est presque resté tel quel, à part quelques modifications. Par conséquent, Mgr de Castro Meyer avait déjà travaillé avec ses prêtres et puis avec même des laïcs qui ont fait des études théologiques et nous avons passé trois jours pour en finir avec ce document et le signer. Nous l’avons daté, puisque c’était le premier jour que j’étais là-bas, du 21, de la Présentation de la Sainte Vierge qui est en même temps le rappel du document que j’avais envoyé en 74, c’était aussi le 21 novembre que j’avais fait ce fameux document qui m’a valu… les coups de crosse du Saint-Siège !

Et voilà comment s’est faite l’histoire de ce document. Mgr Castro Meyer a donc signé, nous étions deux évêques… Évidemment on aurait aimé avoir d’autres signatures, mais ce n’était plus possible, il aurait encore fallu voyager, aller les voir, ça aurait toujours retardé la parution du document et puis c’était très problématique. Alors nous avons décidé là-bas de faire paraître, d’en parler, de diffuser le 9 décembre et donc, le même jour, ont eu lieu toutes ces conférences de presse en Europe et aux États-Unis, à New York, à Rio de Janeiro, à Campos bien sûr, à Buenos Aires, enfin un peu partout… Nous avons fait des conférences et moi-même, donc vendredi dernier, si je ne me trompe, j’ai fait une conférence à Frankfort avec l’abbé Bissig comme interprète, puisque je ne parlais pas l’allemand malheureusement. Et puis ensuite à Paris, à trois heures de l’après-midi, à l’aéroport Charles de Gaulle, dans la salle de presse où il y avait un bon nombre de journalistes, avec la télévision.

Évidemment lorsque nous avons invité la presse, aussi bien je pense ici que particulièrement en France et en Allemagne, ce qui a été peut-être été le motif de leur déplacement et de leur curiosité était pour eux que j’allais leur annoncer que je faisais un évêque… Ils sont restés sur leur faim puisque ce n’était pas ça. Ça les a un petit peu déçus, ils espéraient pouvoir mettre en gros titre : Monseigneur fait un évêque. Alors ils ont bien essayé quand même un peu avec Le Figaro, ils étaient tellement persuadés que c’était cela que j’allais dire qu’ils m’ont posé la question, comme tous les journalistes posent toujours la question… Mais quand même dans mon exposé je n’en ai pas parlé du tout, je n’ai pas dit un mot de cela parce que je n’avais pas l’intention de parler de cela… Mon intention était de leur dire que ce document était très important, que je les avais avisés parce que j’estimais que cette prise de position, cette lettre publique était vraiment, à mon avis, une date dans l’histoire de l’Église et de l’histoire de l’Église post-conciliaire. J’ai surtout insisté pendant ces revues de presse, ces interviews, j’ai insisté sur le fait que ce sont les fidèles qui nous poussent à prendre cette décision parce qu’ils sont excédés par ces situations troubles, confuses et par cette démolition de l’Église, toujours de plus en plus grave, toujours de plus en plus étendue, dans tous les pays du monde. Et vous savez bien que pour les journalistes, il n’y a qu’une chose qui compte, c’est le commerce. Ce n’est pas les idées, c’est l’argent. Alors faut-il, après avoir publié quelque chose, avoir plus de lecteurs ou moins de lecteurs ? Il n’y a que ça qui compte, vous savez, c’est le grand problème. Auront-ils davantage de lecteurs ou auront-ils moins de lecteurs ? Alors j’ai insisté justement sur l’intérêt qu’avaient les lecteurs d’être mis au courant de cet événement historique !… Je pense qu’ils ont été quand même intéressés et piqués par cela et que, dans l’ensemble, ils ont fait des communiqués dans un bon nombre de journaux… Évidemment plus ou moins favorables, plus ou moins objectifs, mais enfin, ça a quand même paru, ça a quand même été connu. Ça a passé aussi dans les radios surtout. Je n’ai pas entendu dire qu’il y avait eu quelque chose à la télévision. Pourtant ils sont venus, la télévision était là chaque fois, aussi bien en Allemagne qu’à Paris, mais je n’ai pas l’impression qu’il y a eu quelque chose qui soit passé à la télévision. Il y a peut-être eu d’ailleurs, ce qui n’est pas impossible… parce que vous pensez bien que le Vatican a été au courant tout de suite, certainement, ça ne fait pas de doute puisque les représentants de La Croix étaient là, donc ils ont dû avertir la Nonciature. Mais nous-mêmes nous avions envoyé le document à la Nonciature de Berne. Je ne sais pas s’ils ont su ce qu’il y avait dans l’enveloppe, ils l’ont peut-être ouverte ou bien ils l’ont envoyée tout de suite à Rome, et à Rome ils ont été au courant. Or nous constatons que l’Osservatore Romano et que Rome jusqu’à présent n’ont pas réagi du tout. Il n’y a rien dans l’Osservatore Romano jusqu’à présent. Est-ce que c’est la consigne du silence qui a été donnée. Alors il n’est pas impossible du tout que le Vatican ait fait des efforts auprès des journaux et auprès de la télévision, auprès des organes de diffusion, de ne rien dire, de se taire, de ne pas diffuser… C’est possible. Quoi qu’il en soit, ça a été tout de même bien diffusé. Je reçois aujourd’hui même les journaux du Brésil qui font état de cette intervention et il y a même un journal qui donne le document complet, non seulement la lettre, mais même le résumé.

Bien sûr qu’après mon exposé, j’ai surtout donc insisté sur la crise de l’Église et la nécessité pour des évêques d’intervenir, pour essayer au moins par un document public de faire réfléchir le Saint-Siège puisque voilà quinze ans que nous correspondons, nous écrivons… Mgr Castro Meyer lui-même est allé faire une visite au pape à l’occasion de ses 75 ans, puisque normalement il aurait dû être démissionnaire à 75 ans… Alors à ce moment-là, le pape ne lui a même pas parlé de sa démission pour son diocèse, mais ils ont parlé des choses de l’après-Concile. Mgr Castro Meyer a également envoyé des lettres, de magnifiques lettres, sur la liberté religieuse, sur la liturgie, et tout ça, les protestations de ses prêtres aussi, de Campos qui sont très belles… Vous les avez connues, vous les avez lues dans Si si No no ou dans différentes publications…

Et bien, pas de réponse de Rome, rien… pas d’écho !… Moi-même, vous le savez bien, ça fait maintenant bientôt quinze ans qu’on est en correspondance, visite, visite, correspondance, comme ça, indéfiniment… Vous avez pu lire ces documents dans Itinéraires qui les a publiés, cela fait plusieurs petits volumes… Et bien, on est pratiquement toujours dans la même situation. Ils ne veulent pas entendre parler de retour en arrière, de changements ou quoi que ce soit dans ce qu’ils ont fait depuis le Concile.

Alors devant cette résistance du Saint-Siège, et bien il nous a paru qu’il fallait faire une déclaration publique.

Après l’exposé que j’ai fait de cette intervention que nous voulions faire et la diffusion que nous souhaitions qu’ils donnent à cette lettre publique, je leur ai laissé poser des questions bien sûr… Ceux qui ne connaissaient pas Mgr de Castro Meyer ont demandé qui était Mgr de Castro Meyer, s’il avait toujours un diocèse, quelle était sa situation, etc. Alors je leur ai expliqué un peu la situation dramatique dans laquelle se trouve son diocèse et la résistance de ses prêtres et tout ça… Je les ai mis un peu au courant. Et puis, comme ils font toujours, ils posent toujours la question, ce n’est pas d’aujourd’hui, ils l’ont posée déjà vingt fois, trente fois. Chaque fois que je vois un petit groupe de gens de la presse : - Mais Monseigneur, votre succession ?… Vous prenez de l’âge… Que vont devenir vos prêtres ? Que vont devenir vos séminaristes ? Vous dites bien que vous avez des séminaristes mais, s’il n’y a pas d’évêques pour les ordonner,  qu’est-ce que ça va devenir ?… Je dis : - Oui, je sais bien… - Alors vous n’avez pas l’intention de consacrer un évêque ?… Je dis : - Non, je n’ai pas encore l’intention de consacrer un évêque… On attend, on attend… Je ne dis pas que ça ne puisse pas se faire un jour, je n’en sais rien… J’attends des indications plus précises de la Providence. Indications qui peuvent être des événements inconnus, je n’en sais rien, événements politiques, événements ecclésiastiques, je ne sais pas… Mais en tout cas, pour le moment, je dis qu’il n’est pas question de consacrer un évêque. 

Alors bien sûr, des journalistes qui ne sont pas très fidèles à la vérité et cherchent toujours à essayer de mettre un peu de sel dans leurs publications… font alors disparaître ces conditions et disent : - Monseigneur est disposé à consacrer un évêque… Alors on ment. Je le dis encore une fois, eux ils cherchent le commerce, c’est tout. Alors si c’est seulement hypothétique, ça n’intéresse pas les gens : - Oh ! et bien, si c’est pour dans dix ans, ce n’est pas la peine de… Si c’est pour plus tard, ce n’est pas intéressant, mais si c’est : - Monseigneur a l’intention de consacrer un évêque ! Alors là… le journal se vend, c’est tout ! Vous voyez bien qu’ils mettent des encarts partout, sur les boutiques, partout, vous avez toujours les gros articles, en gros titres, ce qu’il y a dans un journal, le journal du Valais… C’est ça, il faut vendre le journal ! Alors s’ils mettent des titres qui ne sont pas alléchants, qui n’attirent pas, on achète pas le journal, ce n’est pas la peine d’acheter le journal pour si peu de choses ; mais si c’est alléchant on achète le journal. Alors il ne faut pas vous étonner qu’ils transforment ce que l’on dit pour essayer d’attirer les lecteurs.

Mais pour l’instant il n’y a rien de changé dans l’attitude… Évidemment si je deviens tant soit peu malade, alors les problèmes se posent : - Il va mourir… Qu’est-ce qu’on va faire ? Est-ce qu’il va en faire un, est-ce qu’il ne va pas en faire un ?… Ça, c’est la petite presse du séminaire !… Alors les uns disent : - Il faut qu’il fasse… ; les autres disent : - Non, non, non, il ne faut pas qu’il fasse… Et bien, demandez cela au Bon Dieu. Moi je ne sais pas, je n’en sais rien. Je ne connais pas l’avenir, seul le Bon Dieu connaît l’avenir. Mais il est certain que des prises de position et des actes comme celui que vient de faire le Saint-Père en allant dans ce temple luthérien à Rome, est certainement grave et n’arrange pas les choses de l’Église. Il est bien certain que beaucoup de fidèles sont profondément scandalisés, profondément choqués. Alors ce sont toujours des gens qui s’en vont, des gens qui quittent et disent : - Puisque c’est comme ça, ce n’est pas la peine. On ne peut plus… Des gens qui sont découragés, ne savent plus que penser, que faire, qu’est-ce que l’Église… Parce que, si vous lisez le discours du Saint-Père, ça a paru aujourd’hui dans les journaux, on est vraiment stupéfaits. Le Saint-Père parle comme si l’unité de l’Église n’existait pas, comme si l’unité de l’Église n’avait pratiquement pas existé depuis très longtemps, surtout depuis que les protestants existent, alors il n’y a plus d’unité dans l’Église… C’est faux ! Ce serait contraire au dogme même de l’Église : dès lors que l’Église existe, elle est une ! L’Église ne peut pas ne pas être une et elle ne peut être une que dans l’Église catholique ! Ce n’est pas l’Église qui est divisée, l’Église n’est pas divisée ! Il y a des gens qui se sont séparés de l’Église, oui, il y a des gens qui ont quitté l’Église, d’accord… Mais l’Église n’est pas divisée, elle est toujours une. Elle est une dans sa foi. Elle est une dans son baptême. Elle est une dans sa croyance. Elle est une dans son credo. Elle sera toujours une. Elle ne peut pas ne pas être une. C’est une qualité essentielle de l’Église, elle ne peut pas disparaître sinon il n’y a plus d’Église. Il n’y a qu’une seule foi, un seul baptême, un seul credo. Ce n’est pas possible, ça ! Alors, c’est incroyable que le pape lui-même dans son discours donne l’impression que l’unité de l’Église n’existe pas et qu’il faut maintenant rechercher l’unité de l’Église. Mais elle n’est pas à rechercher !

Alors c’est donner une fausse idée d’ailleurs de la conversion des protestants, de la réunion des protestants à l’Église catholique. Car il n’y a qu’un moyen, c’est ce que disent toujours les papes, c’est ce que disent toutes les Encycliques - d’ailleurs c’est marqué justement dans cette conception, dans la première des principales erreurs que nous commettons - tous les documents sont là : il n’y a pas d’autre solution pour les protestants que de se convertir à l’unité de l’Église. C’est tout. On ne peut pas unir ce qui est contraire. Alors c’est vraiment stupéfiant. Certainement le pape ne semble pas avoir une idée exacte de ce qu’est l’Église. Il faut dire les choses comme elle sont. C’est tout de même grave de penser que le pape lui-même n’a pas une idée juste de la doctrine de l’Église… Alors ce sont des problèmes vraiment qui se posent, pas seulement pour nous, mais pour tous les fidèles, et pour toute l’Église… C’est désastreux pour l’Église. Alors nous devons évidemment bien prier…

Alors je pense que vous avez tous maintenant ce petit résumé qu’on a fait dans cette lettre qui, je crois, met le doigt sur les principales erreurs, vraiment les erreurs les plus évidentes qui ont été diffusées depuis le  Concile et qui existent encore…

Alors dans le journal Présent, Hugues Kéraly aujourd’hui, fait un petit commentaire du numéro 1. Il dit qu’il va continuer son commentaire. C’est très bien fait, très intéressant. Heureusement qu’il y a au moins cette publication qui explique aux fidèles ce que nous avons écrit au Saint-Père et qui donne les motifs qui nous ont poussés à parler publiquement. Alors je vous invite à lire ça avec attention parce que je crois que c’est tout de même important…"



vendredi 19 mai 2017

Le centenaire des apparitions mariales de Fatima

 A l'occasion de la fête du Christ Roi (fin octobre 2017), les évêques de la fidélité catholique se rendront en pèlerinage à Fatima (28 et 29 octobre 2017). Les pèlerins sont le bienvenus à cette occasion. Aussi nous publions cet excellent article de M Fromentoux, paru dans le dernier numéro de Rivarol pour nous faire bien comprendre que la bataille de la Foi ne triomphera que par l'intercession de Notre-Dame.


Cent ans après retour sur les apparitions de la Vierge à Fatima

Par Michel Fromentoux


RIVAROL n° 3283  http://www.rivarol.com/

LE 13 MAI 1917, la sainte Vierge Marie apparaissait pour la première fois à trois petits pastoureaux portugais à Fatima. Le message de Son Cœur immaculé n’a pas pris une ride, tant il va à l’encontre de l’esprit dit moderne, qui s’affirme chaque jour plus fondamentalement anti-chrétien.

Il faut se souvenir que Dieu voulut marquer ces apparitions par un miracle cosmique comme seuls avaient été des exemples dans l’Histoire : le Déluge, l’arrêt du soleil pour permettre la victoire de Josué contre les Amorrhéens, et les ténèbres du Vendredi saint. Le miracle du soleil du 13 octobre 1917, observé par des milliers de personnes sur plusieurs kilomètres à la ronde, a absolument authentifié ces apparitions essentielles pour l’avenir de nos nations.

Puisse ce centenaire amener beaucoup d’âmes à se placer sous la maternelle protection du Cœur immaculé de Marie, et à se sacrifier pour mettre sur la voie de la conversion les pécheurs et les infidèles qui nous entourent ! Puisse ce Cœur être notre refuge, à l’entrée du chemin qui nous conduira jusqu’au Ciel !

UN PAYS GAGNÉ PAR LA FRANC-MAÇONNERIE

Il n’est pas sans intérêt de constater que la sainte Vierge choisit le Portugal pour se manifester au début du XXe siècle. Ce pays de très vieille chrétienté, dont la première dynastie royale était un rameau détaché de la belle Maison capétienne, issu de Robert, duc de Bourgogne, frère cadet d’Henri 1er, roi de France, se distingua, dès sa fondation en 1147, par ses exploits sous le signe de la Croix contre les Maures d’abord, puis par la découverte et l’évangélisation du Nouveau Monde. Hélas, au XVIIIe siècle, le royaume s’enfonça dans la décadence en tombant sous la domination anglaise (1703) qui lui communiqua, peu après, la néfaste influence de la franc-maçonnerie.

De 1750 à 1777, Sebastiâo José de Car- valho e Melo, comte d’Oeiras, marquis de Pombal (1699-1782), franc-maçon militant et tout-puissant ministre de Joseph 1er, poursuivit d’une haine hargneuse la Compagnie de Jésus et parvint à la faire expulser par décret en 1759. Ainsi, les loges maçonniques eurent le champ libre pour accroître leur propagande anticléricale. Les idées de la Révolution dite française pénétrèrent, dès lors facilement, dans le royaume à la faveur de trois invasions napoléoniennes successives, entre 1807 et 1810.

Il s’ensuivit une guerre civile, de 1826 à 1834, à la suite de quoi s’instaura une monarchie libérale, sous laquelle la franc-maçonnerie malmena plus que jamais l’Église catholique : tandis que les campagnes restaient foncièrement catholiques et imperméables à la propagande révolutionnaire, les villes, comme Lisbonne ou Porto, étaient un terrain de choix pour les Loges. Celles-ci allèrent jusqu’à organiser, le 1er février 1908, l’assassinat du roi Carlos 1er (1863-1908) et du prince héritier, Louis-Philippe (1887-1908), duc de Bragance : l’attentat fut perpétré par une secte maçonnique liée au carbonarisme, et le second fils du roi, Manuel (1889-1932) ne dut d’échapper à la mort qu’au courage et à la présence d’esprit de la reine Amélie (1865-1951), née princesse Marie-Amélie d’Orléans, laquelle, debout dans la voiture, parvint à tenir en respect le terroriste en le frappant d’un bouquet de fleurs... Manuel devint ainsi à dix-neuf ans le roi Manuel II, mais, le 5 octobre 1910, une révolution éclata à Lisbonne, le condamnant à s’exiler en Angleterre, et la république fut proclamée.

Le nouveau gouvernement œuvra pour une déchristianisation violente et rapide du pays : églises pillées, couvents saccagés, religieux expulsés. En quelques mois la république prit un nombre impressionnant de mesures contre la pratique et la morale catholiques : loi autorisant le divorce, sécularisation des cimetières, suppression de l’enseignement religieux dans les écoles, interdiction du port de la soutane, loi de séparation de l’Église et de l’État... Il fallait, selon les vœux des nouveaux dirigeants du régime, éliminer totalement le catholicisme du Portugal en deux générations. Le saint pape Pie X condamna la loi de séparation par une forte encyclique en mai 1911 ; les catholiques firent bloc autour de leur clergé résistant. Mais la république répondit par une violente persécution et emprisonna des évêques, pendant que s’installait une situation d’anarchie, d’instabilité politique et de terreur qui allait engendrer pas moins de seize révolutions en seize ans (19101926) ! Mais dès 1917, le Portugal semblait perdu : il n’y avait plus de farine à Lisbonne, les pillages de magasins se multipliaient, en mai il y eut des morts. Ce fut, justement, le 13 de ce mois que Notre-Dame vint donner à ce pays meurtri et à ses habitants malheureux, mais aussi à tous les peuples de la terre souffrant de la Révolution, les moyens du salut !

UN PEUPLE PAYSAN ATTACHÉ À LA FOI CHRÉTIENNE

La Vierge Marie, une fois de plus, comme à La Salette, comme à Lourdes, s’apprêtait à éduquer des enfants qu’elle avait choisis pour la voie royale de la Croix. Malgré les persécutions républicaines, le peuple portugais restait fermement attaché à la foi et les paysans du village de Fatima, à un kilomètre d’Aljustrel, au cœur du Portugal, élevaient leurs enfants dans la piété et le respect des vertus chrétiennes. Fa- tima. c’était déjà tout un programme, car le nom vient d’une princesse arabe capturée par les forces chrétiennes au temps de l’occupation arabe du Portugal ; convertie au catholicisme et baptisée, elle épousa le comte d’Ourem en 1158 et prit le nom d’Oureana qui veut dire Oriane et qui donna son nom à la ville d’Ourém, dont dépend actuellement la ville de Fatima, dans le district de Santarém.

Maria Rosa dos Santos avait appris le catéchisme à sa fille Lucie, née en le 28 mars 1907, laquelle fut préparée à la première communion très en avance. Elle aimait raconter de belles histoires à ses cousins, les petits Marto : François, né en 1908, et Jacinthe, née en 1910, qui avaient été élevés avec sept autres enfants dans l’horreur du péché par leur très pieuse mère, Olimpia. Lucie aimait beaucoup se retrouver avec François et Jacinthe, les faire jouer dans la cour de la maison, organiser des processions avec bannières et cantiques. Les trois enfants avaient joint leurs troupeaux et, dans la campagne, tressaient des guirlandes de fleurs, dansaient au rythme de la flûte de François et récitaient le chapelet. Lucie était calme et montrait beaucoup de bon sens, non sans être brusque parfois. François était un peu rêveur et silencieux, et sa sœur Jacinthe était vive et affectueuse mais volontiers boudeuse. Ce n’étaient pas encore des saints. mais ils étaient purs et savaient être joyeux. Nous ne connaissons plus ce genre de jeunesse.

Le récit des apparitions est connu de la plupart de nos lecteurs : je me contenterai de quelques rappels, m’aidant du site internet de référence des apparitions de la sainte Vierge à Fatima.

L’ANGE DU PORTUGAL

Depuis avril 1915, Lucie avait reçu trois apparitions de l’Ange, il n’avait rien dit, mais au printemps 1916, alors que les trois cousins gardaient leurs troupeaux, un « être de lumière » sous l’aspect d’un garçon de quatorze à quinze ans, se présenta comme « l’Ange de la Paix ». Prosterné, il leur fit répéter : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas. Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et Ma
rie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Pendant l’été, l’Ange revint : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre Patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

En octobre 1916, l’Ange se prosterna devant un calice et une hostie dont coulaient des gouttes de sang. Il leur enseigna la prière : « Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présents dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. » Puis l’Ange donna la communion aux enfants qui, très impressionnés, gardaient le silence et commençaient dans leur cœur à offrir des sacrifices aux grandes intentions qui leur étaient confiées.

LA “BELLE DAME”

Le 13 mai 1917, une « Belle Dame » apparut aux enfants pour la première fois. Il était midi à la Cova de Iria, ce qui, en français, veut dire la Combe d’Irène qui signifie la paix. Après deux éclairs effrayants, les enfants aperçurent une belle dame entourée de lumière debout sur un petit chêne vert. Elle les rassura : « N’ayez pas peur, je ne vous veux pas de mal. » Puis elle dit à Lucie : « Je suis du Ciel [et je vous demande] de revenir ici six mois de suite à cette même heure, le treize de chaque mois. Au mois d’octobre je vous dirai qui je suis et ce que je désire ! » Seule Lucie parlait et François voyait mais n’entendait pas. À la demande de Lucie, curieuse de savoir si elle et ses compagnons iraient au Ciel, Elle le leur promit, mais en recommandant à François de réciter beaucoup de chapelets. Puis Lucie demanda si la guerre allait bientôt finir, car l’on était en 1917 et le Portugal avait envoyé plusieurs milliers de soldats sur le front en France : la Dame se contenta de demander à nouveau des sacrifices pour la conversion des pécheurs et le chapelet pour la fin de la guerre. Puis Elle les quitta en disant : « Vous aurez beaucoup à souffrir mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Le soir, Jacinthe ne sut tenir sa langue et raconta à sa maman qu’elle avait vu la sainte Vierge. La rumeur se répandit très vite, et bien peu y croyaient. Seul, Manuel Pedro Marto, le père de Jacinthe et de François, refusait de croire que ses enfants fussent des menteurs. Le 13 juin, les petits voyants eurent bien des difficultés pour se rendre au pieux rendez-vous avec une soixantaine de curieux. La Dame apparut à l’heure exacte et déclara à Lucie : « Jésus veut par vous établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. A celui qui l’accepte, je promets le salut et ces âmes seront aimées de Dieu comme des fleurs placées par moi pour orner son Trône. Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! » Elle annonça aussi que Jacinthe et François iraient bientôt au Ciel, mais que Lucie devrait rester sur terre « encore un certain temps ».

L’abbé Ferreira, curé de Fatima, interrogea sévèrement Lucie, mais elle refusa de dire qu’elle avait menti. Le 13 juillet, la foule était de cinq à six mille personnes. La Dame demanda à nouveau aux enfants de réciter le chapelet en l’honneur de Notre Dame du Rosaire pour obtenir la fin de la guerre, elle annonça un miracle pour le mois d’octobre ; les enfants eurent une vision impressionnante de l’enfer et la Dame leur révéla son secret : l’annonce d’une grande guerre et de persécutions contre l’Église, que l’on pourrait éviter par la consécration de la Russie. Elle recommanda de dire après chaque dizaine de chapelet : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés,
préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. » Les témoins virent une nuée s’éloigner du petit chêne et entendirent un bruit très doux et indistinct.

HARCÈLEMENT MÉDIATICO-MAÇONNIQUE

Le 13 août, les enfants ne purent pas être présents au rendez-vous, car l’administrateur d’Ourém, un anticlérical invétéré, les avaient enlevés par ruse et fait emprisonner durant trois jours. Ces machinations maçonniques, n’empêchèrent pas la Dame de rencontrer Lucie, Jacinthe et François quatre jours plus tard, mais cette fois aux Valinhos, en plein champ.

Le 13 septembre, à la Cova de Iria, 25 000 personnes virent distinctement un globe lumineux se déplacer à l’arrivée de la Dame, laquelle confirma à Lucie la grande apparition pour le mois d’octobre.

Le 13 octobre, la dernière apparition eut lieu devant plus de 60 000 personnes, trempées par une pluie battante qui s’arrêta juste à midi. La Dame dit à Lucie : « Je veux te dire qu’on élève ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre- Dame du Rosaire. Que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va bientôt finir et les militaires rentreront chez eux. » Ce fut alors que se produisit le miracle annoncé : la danse du soleil, tantôt s’éteignant, tantôt se rallumant, lançant des faisceaux de lumière et ne faisant point mal aux yeux, paraissant se détacher du ciel et s’avancer sur la foule qui en était terrorisée. Ce phénomène put être observé par des foules à plusieurs kilomètres à la ronde. Pendant ce temps les enfants voyaient la sainte Famille, saint Joseph, et l’Enfant Jésus bénissant le monde. Lucie fut seule à voir Notre- Dame des Douleurs portant un scapulaire.

Les jours suivants alors que les gens “sérieux” cherchaient une explication “rationnelle” à ces faits, les petits voyants étaient harcelés de moqueries et d’interrogatoires qui étaient pour eux autant d’occasions de sacrifices. Rien ne leur paraissait trop dur pour sauver des âmes et consoler Notre-Seigneur d’être si souvent offensé. Jacinthe renonça à la danse qu’elle aimait tant, par esprit de sacrifice. François multipliait les chapelets pour aller au Ciel.

DEUX PETITES  ÂMES MONTÉES AU CIEL

Les deux petits tombèrent malades à quelques semaines d’intervalle, victimes sans doute de la grippe espagnole qui sévissait dans toute l’Europe. Jacinthe et François Marto se préparèrent saintement à la mort dans de grandes souffrances qu’ils offraient sans jamais se plaindre, pour consoler Jésus et pour la conversion des pécheurs. François mourut juste après avoir reçu sa première communion le 4 avril 1919. Jacinthe lui avait confié un message pour la sainte Vierge et pour Notre-Seigneur, leur disant qu’elle était prête à souffrir tout ce qu’Ils la laisseraient souffrir. Atteinte d’un pleurésie, elle souffrit beaucoup d’être séparée de sa famille pour de longs séjours dans deux hôpitaux. Elle n’eut pas le temps de recevoir la communion ; elle rendit son âme à Dieu le 20 février 1920, elle n’avait pas dix ans !

Lucie demeura seule. Pour éloigner la voyante de son village, Mgr Correia da Silva, évêque de Leiria, la fit admettre en grand secret, en 1921, comme pensionnaire chez les Sœurs de Sainte-Dorothée de Porto, où elle se soumit avec douleur et respect à la règle imposée de l’anonymat. En 1925, elle entra comme postulante, sous le nom de sœur Marie des Douleurs, chez les Sœurs de Sainte-Dorothée à Tuy, en Espagne, où elle prononça ses veux perpétuels en 1934. En 1948, Lucie obtint une dispense pour revenir au Portugal et entrer dans l’ordre du Carmel à Coïmbre où elle demeura, dans la prière et la pénitence, jusqu’à la fin de sa vie.

FLORAISON DE CONVERSIONS ET DE VOCATIONS

Au lendemain du 13 octobre 1917, le Portugal constata une pluie de conversions, de retours à Dieu de familles entières, lesquelles entraînèrent une impressionnante floraison de vocations sacerdotales et religieuses. (seconde partie à suivre dans notre prochain numéro).

Michel FROMENTOUX.

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