dimanche 29 mai 2016

Lettre d'un laïc aux prêtres de la FSSPX résistant de l’intérieur

Chers Messieurs les abbés « résistants de l’intérieur »,

Au lieu de vous inquiéter : « que vais-je devenir si je quitte la Fraternité, son confort spirituel, matériel, ses facilités d’apostolat et tout et tout et tout… ? »
« Que vais-je donc devenir ? »
« Que vont devenir les fidèles qui vont ‘‘tomber’’ dans la main de prêtres plus ou moins libéraux ? »
Le Bon Dieu sait ce qu’il fait.  Et s’il vous demande de lâcher prise, de « quitter la pauvreté du confort » et rejoindre la « richesse de l’effort », n’est-ce pas parce qu’il veut que vous le reconnaissiez pour son maître et Seigneur absolu, comme il est maître et Seigneur de toutes les créatures ?
C’est un laïc qui vous parle.  Et aux laïcs aussi le Bon Dieu demande parfois cet héroïsme qui consiste à « faire notre devoir » sans avoir la moindre idée de l’avenir, que ce soit pour soi-même ou pour son épouse et ses enfants.  Sous cet aspect, laïcs et ecclésiastiques sont à la même auberge, l’auberge du Chemin du Calvaire.
Au 5ème siècle, Saint Cérase, disciple de Saint Ambroise, évêque de Grenoble, est chassé de son évêché par l’arianisme et, suivant les recommandations du Saint Évangile « secoue la poussière de ses chaussures » en quittant cette ville jusqu’à un ermitage de Gascogne, ermitage qui ne restera pas longtemps un ermitage parce que les gens du voisinage ont flairé sa sainteté et son esprit d’oraison comme les troupeaux flairent le vent.  Acte d’héroïsme tellement béni par Dieu, que plus de 1500 ans plus tard, ce lieu est toujours appelé « Saintes », en souvenir de sa sainteté.
Au moment du Concile Vatican II, Mgr Lefebvre est seul avec Mgr de Castro Mayer sur 2500 évêques à se séparer et condamner le néo-modernisme.  Acte d’héroïsme béni par Dieu dans une œuvre véritable canoé de sauvetage de l’Église à l’échelle de la terre entière.
Plus près de nous, le 24 août 1970, souhaitant conserver le rite tridentin et la vie monastique traditionnelle, Dom Gérard quitte son monastère l’abbaye Notre-Dame de Tournay et s'installe comme ermite.  D'abord installé dans les Alpes, il rejoint la chapelle de la Madeleine, à Bédoin.  Acte d’héroïsme, indépendamment de ce que fut la suite.
Très près de nous, Mgr Williamson se fait piéger par le lobby juif qui n’a qu’une obsession en tête : prouver que les chrétiens sont antisémites par nature (sur le plan de l’irréconciliabilité du christianisme et du judaïsme, ils n’ont pas tort) et blasphématoires par rapport à la Shoah, leur nouveau «mystère de la Rédemption».  Comme lors de la crucifixion, leur cri de haine est : «il a blasphémé, il mérite la mort ; crucifie-le, crucifie-le !».  Mgr Williamson, à plus de 70 ans se retrouve « sur le carreau », bafoué et piétiné par la lâcheté de ses supérieurs en raison de sa fidélité aux principes.  Lorsque Mgr Lefebvre s’est fait piéger sur la question de l’Islam, est-ce que M. l’abbé Schmidberger, supérieur de l’époque, l’a désavoué, piétiné ou bafoué publiquement comme un vieillard sénile qui ne sait plus ce qu’il dit ?  Et qu’a fait Mgr Williamson ?  «Mon Dieu, que votre volonté soit faite ; faites de moi ce qu’il vous plaira».  « Assurément, tu dois aller jusqu’au bout de ta grâce épiscopale, lui répond Dieu ».  « Fiat ».

samedi 28 mai 2016

DE LA SUBVERSION

C’est à se demander pourquoi on se fatigue à écrire, dans une époque où les gens ne savent plus lire.
Le grand secret, le grand œuvre, le grand art de la subversion sous toutes ses formes c’est de parler véhémentement dans un sens et d’agir d’autant plus énergiquement dans le sens contraire. Le peuple croit ce qu’il entend et il ne comprend pas ce qu’il voit. Du moins fait-il semblant pour peu qu’on l’y décide par l’endoctrinement et par la terreur. Ainsi le régime fonctionne en perfection quand tout le monde fait semblant : ceux qui commandent et ceux qui obéissent…
Docteurs qui prêchent le oui et le non ensemble. Ils savent très bien que le non sera seul suivi d’effet dans l’événement que leur discours prépare, au lieu que le oui restera lettre morte. Leur oui et leur non sont l’aile droite et l’aile gauche d’une armée qu’un stratège déploie sur le terrain pour cacher ses desseins par une fausse symétrie : l’aile droite a pour mission de se faire tuer sur place, à seule fin de couvrir et de favoriser la manœuvre que l’aile gauche se réserve d’exécuter sans coup férir.
Il est bon de se rappeler qu’on est presque toujours trahi, et qu’on ne l’est jamais que par ses chefs. Le grand art de la subversion, et la première condition de sa victoire, c’est de prendre pour agents d’exécution les représentants légitimes de l’autorité qu’elle cherche à détruire. C’est pourquoi elle commence par maintenir ou porter au pouvoir deux sortes d’hommes : soit des hommes faibles qu’elle sait incapables de lui résister, soit des hommes forts qu’elle sait être à sa dévotion, et seuls capables d’organiser eux-mêmes le désordre qui à leur tour les anéantira.
La seule chose qui m’étonne encore, c’est que la dégringolade ait été si rapide, et traîne cependant en longueur.
N’est-il pas très utile, s’il en est encore temps, de détromper les indécis, les ignorants et les crédules sur les véritables fins et moyens de la Révolution qui va les engloutir ? Non, car de deux choses l’une : ou bien ils n’ont pas encore vu ce qui crève déjà les yeux, ou bien ils préfèrent ne pas le voir ; et dans les deux cas, ils ne se laisseront pas éclairer, encore moins convertir. Les preuves les plus éclatantes ne les réveilleront pas. Aveugle ou s’aveuglant, ce troupeau se réglera toujours sur le parti du plus fort.
Mille fois dénoncée, et par ses propres actes, la Révolution quant à elle, ne s’avouera jamais pour ce qu’elle est. Peu lui importe qu’on la croie quand elle proteste de ses bonnes intentions. Il lui importe seulement qu’on feigne de la croire, par une obéissance qu’on obtient sans peine en feignant d’être elle-même le parti le plus fort.
Le docteur Goebbels avait raison : les plus gros mensonges, les trucs les plus éculés sont toujours ceux qui prennent le mieux. Ils prévalent aujourd’hui avec un renouveau de succès…
La vérité rend fous furieux les partisans de l’erreur et du mensonge, tandis que l’erreur et le mensonge laissent en général fort tranquilles ceux qui pourtant connaissent la vérité.
La vérité n’a pas de chance. Elle se laisse attaquer par des gens sans scrupules, et volontiers se fait défendre par des gens sans courage. A peine sort-elle du puits qu’elle reçoit de ses ennemis l’ordre d’y redescendre, et de ses amis le conseil d’aller se rhabiller.
Pascal : « Dire la vérité est utile à ceux à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr. » D’où il suit que dire des mensonges est désavantageux à ceux à qui on en dit, mais utile à ceux qui en disent, parce qu’ils se font aimer.
Le premier trait de la corruption des mœurs est le bannissement de la vérité.
Pensées choisies d’Alexis Curvers
dans 
Itinéraires de nov. et déc. 1971.

vendredi 27 mai 2016

Sermon de Mgr Thomas d’Aquin "Continuons!"

Le Puy, 15 mai 2016

Source: France Fidèle


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Excellence, bien chers confrères, bien chers révérends, chers fidèles,

Notre-Seigneur a dit que ceux qui L’aiment garderont Sa parole. Qu’est-ce que c’est que la Tradition? Qu’est-ce que c’est que l’exemple de Mgr Lefebvre? Sinon celui d’avoir gardé la parole de Notre-Seigneur, dans son enseignement et dans ses actes. Et c’est ça la Tradition. La Tradition, c’est garder, malgré toutes les difficultés, la parole de Notre-Seigneur. Et pour cela, il nous faut les dons du Saint-Esprit, les dons du Saint Esprit par lesquels nous pouvons comprendre ce grand évêque qui, nous en sommes persuadé, sera un jour mis sur les autels. Mgr Marcel Lefebvre nous a montré le chemin, défendre la Foi d’une manière intrépide, sans pareille dans des circonstances jamais vues dans l’histoire de l’Eglise. Pour cela, il lui a fallu un conseil supérieur.  Certainement il a été mu par les dons du Saint-Esprit : le don de Conseil, le don de Force, tous les dons pour pouvoir accomplir ce qu’il a accompli.

Et qu’est-ce que nous voulons faire? Nous voulons continuer de même ce que nous avons reçu de lui. Lui, tout ce qu’il a reçu, il l’a reçu de la Sainte Eglise, il l’a reçu des Papes qui ont condamné les erreurs modernes ; il l'a reçu, il l'a conservé, il l'a illustré, il l'a expliqué, il l'a approfondi.  Et c’est ça que nous voulons continuer.  Nous ne voulons pas autre chose.  Être des fidèles disciples de Mgr Lefebvre, comme lui un fidèle disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Un jour, au Barroux, je n’étais pas présent au parloir mais j’étais présent au monastère, il avait raconté une entrevue, une conversation qu’il avait eue avec le Cardinal Ratzinger (si je ne me trompe) et il a dit au Cardinal : "Pour vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est facultatif. Pour nous, non! Pour nous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est tout."  Et en disant ça, les larmes ont coulé de ses yeux ; les moines ont été très émus, très édifiés. Pour lui, Notre-Seigneur est tout. Aujourd’hui, on veut donner seulement une partie; on veut Lui donner une place mesurée, une place restreinte. Et pour ça, nous disons non. Et aujourd’hui, ce qui se passe dans la Tradition, on veut régulariser la Tradition. La Tradition n’a pas besoin de régularisation : la Tradition est la règle. La Tradition ne se régularise pas. C’est pourquoi nous poursuivons sereinement, étant sûr que nous sommes dans la Vérité ; la Vérité parce que la Tradition, c’est la Vérité.

Et si un jour il y a un changement, ce sont eux qui sont à Rome qui viendront à nous et non pas nous qui irons à eux. Au mieux, ils viendront à la Foi que nous défendons, vers la Tradition que nous défendons. Comment cela se fera ? Je ne sais. C’est Dieu qui mène Son Eglise, Dieu qui conduit Son Eglise.  Les solutions viendront d’elles-mêmes au moment où la Foi reviendra de nouveau à Rome. Et c’est pour ça que nous prions ; nous prions pour que la Foi revienne à Rome, la doctrine revienne à Rome. Il n’y a pas de solution à chercher en dehors de ce retour à la Foi catholique. Nous demandons à l’Esprit-Saint Ses dons pour pouvoir continuer dans la lignée de Mgr Lefebvre. Nous remercions de toute notre gratitude Mgr Williamson dont la devise est: « Fidelis inveniatur » « Qu’il soit trouvé fidèle. » Et bien, il a été fidèle. C’est grâce à lui que nous sommes ici, que nous sommes réunis ici. Grâce à Mgr Lefebvre, grâce aussi à Mgr Williamson. Remercions de tout notre cœur d’avoir été fidèle, de continuer fidèlement à transmettre ce qu’il a reçu. C’est ça aussi l’Eglise.

On voit cette transmission des apôtres, qui passe par Saint Pie V, par Mgr Lefebvre et arrive jusqu’à nous.

Il est dit aujourd’hui, au jour de la Pentecôte, quand les apôtres prêchent, lorsque Saint Pierre commence à prêcher, il convertit trois mille personnes, qui sont baptisées sur le champ, ça c’est l’Eglise catholique qui convertit toutes les nations. Un évêque français qui sauve la situation Eglise, un évêque anglais qui donne suite à cette opération de survie et maintenant qui continue. On continue. Je me rappelle : Mgr Lefebvre finissait souvent ses conférences, ses sermons : "On continue, on continue Jésus-Christ, on continue l’Eglise, on continue les sacrements, on continue les sources de salut."  Ce que nous voulons, c’est seulement ça : le salut pour la gloire de Dieu. Nous voulons travailler pour la gloire de Dieu.  Nous voulons le bien de ceux qui ne sont pas avec nous, nous prions pour eux, nous prions pour leur conversion, nous prions pour leur salut. Mais si nous refusons d’être avec eux, c’est parce que nous pensons qu’ils dévient, qu’ils se trompent en cherchant la régularisation qui va les mener à la ruine, à la ruine. A Campos, il y a une petite région avec des paysans qui au début étaient très contents des accords de Rome parce que on leur avait dit que ce n’était pas des accords, que c’était une reconnaissance : Rome reconnaissait la Tradition, ils étaient heureux. Mais avec le temps, ils ont vu que c’était pas ça. Les paysans qui n’avaient jamais quitté leur région, ne connaissaient même pas Mgr Lefebvre, dont le monde est assez restreint à la région où ils habitent. Ils ont eu du mal à comprendre la situation ; ils ont vu ensuite que ce n’était pas vrai, que Mgr Riffan déviait de la route, que cette soumission à Rome était en train d’entraîner des changements substantiels dans les conseils qu’ils recevaient au confessionnal, dans les conseils qu’ils recevaient sur la crise de l’Eglise. Alors ils ont commencé à devenir inquiets, ils sont venus nous chercher, ils nous ont demandé si nous pouvions faire le lien entre eux et la Fraternité Saint-Pie X pour qu’elle puisse les aider vers les années 2005 à peu près – je ne me souviens pas exactement- mais vers 2005. Et la Fraternité a commencé à les aider. Et puis sont venues ces années qui s’approchent de 2012. Alors, ils ont été troublés : le prêtre qui était là a commencé à parler que la régularisation ne serait pas un accord: un accord, c’est donnant-donnant et la Fraternité ne ferait pas ça. Simplement elle continuerait à recevoir de Rome des choses qui ne changeraient pas. Les fidèles ont alors dit : « Il parle de la même manière que Mgr Riffan ; il parle, il dit les mêmes arguments, il parle de la même manière ». Alors ces commentaires sont revenus à l’oreille des prêtres et le prêtre a appelé un des paysans qui s’appelle Gabriel, un homme très sensé, vrai paysan. Et il dit à Gabriel : « On dit que je parler comme Mgr Riffan ; qu’est-ce que c’est que ça ? C’est pas possible ; comment on peut dire une chose pareille.» Et le paysan, avec beaucoup de bon sens, lui a répondu : " Monsieur l’abbé, je ne connais pas , je ne sais pas quelles sont vos intentions. Mais que vos paroles sont les mêmes que Mgr Riffan disait à son époque, oui, ce sont les mêmes." Donc c’est ça le danger, on voit les mêmes arguments, on voit les mêmes paroles, on voit les mêmes procédés mèneront à la même ruine : la ruine de Campos . Aujourd'hui, à Campos, il y a les deux messes.  Mgr Riffan dit les deux messes. Et pour Mgr Riffan, celui qui refuse systématiquement de dire la nouvelle messe a un esprit schismatique.

Et voilà comment on détruit une œuvre qui paraissait être indestructible. Et bien, parce qu’ils n’ont pas eu la piété filiale, piété filiale vis-à-vis de Mgr de Castro-Mayer.  Ils l'ont perdu.

Ils ont cru que Mgr de Castro-Mayer était un évêque dépassé. Et bien, c’est Mgr Riffan qui est un évêque dépassé. Il faut garder la piété filiale, il faut garder ceux qui nous ont sauvés, ceux qui nous ont apporté le salut, ceux qui nous ont apporté la doctrine, qui ont donné la clé de la crise actuelle : c’est Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, Mgr Lefebvre plus que Mgr de Castro-Mayer ; Mgr Lefebvre avait une vision plus haute, plus complète mais il a été énormément aidé par Mgr de Castro-Mayer qu’il a aidé aussi énormément à se positionner mieux dans la crise actuelle. Mgr de Castro-Mayer a beaucoup reçu de Mgr Lefebvre ; c’était de vrais amis. L’amitié, c’est ça : donner à l'autre ce qu’on a de meilleur.  Ils se sont ainsi aidé l’un et l’autre.

Et bien c’est ce que nous désirons, nous devons rester unis, les évêques unis et amis, unis dans la fidélité à ce que nous avons reçu de Mgr Lefebvre. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » Et c’est notre programme aussi : transmettre ce que nous avons reçu.

« Veritatem dilexisti » : cette devise m’a été proposée par Mgr Williamson : «J’ai aimé la Vérité ». C’est le roi David qui dit ça à Dieu dans son psaume Miserere. Et bien, il a écouté la Vérité, Nathan lui a dit la Vérité et ainsi il s’est converti parce qu’il a écouté la Vérité. Et bien, les Papes ont condamné le monde moderne, ils ont dit la Vérité sur le monde moderne; nous devons les écouter.  Ils ont dit la Vérité sur le libéralisme, ils ont dit que le libéralisme est un péché, donc nous ne devons pas faire ça. Les Papes ont parlé comme Nathan. Et nous sommes nés dans ce monde libéral : il y a toujours quelque chose en nous qui est encore un peu… Nous sommes des fils d’Adam et Ève. Le baptême a effacé le péché originel ; les plaies, les cicatrices qu’il a causées dans notre intelligence, dans notre volonté, dans notre sensibilité sont toujours là. C’est pourquoi nous avons besoin de beaucoup prier, de demander à l’Esprit-Saint qu’Il achève cette œuvre qui a été commencée au baptême, qu’Il nous simplifie et qu’Il nous rende fidèles en tout ; qu’on écoute les Papes, les Papes qui ont condamné le libéralisme et les erreurs modernes, qu’on écoute l’Eglise, l’Eglise catholique, non pas l’église conciliaire. C’est un grand mystère qui se passe devant nous. Écoutons Mgr Lefebvre qui a bien compris, bien analysé, nous a donné la solution.

Continuons! Et bien on continue avec la grâce de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

jeudi 26 mai 2016

Corpus Christi: jeudi de la Fête Dieu

En l'honneur du Saint Sacrement dont c'est la fête aujourd'hui, voici deux hymnes au saint Sacrement enregistrées à St Athanasius Church, Vienna, Virginia, paroisse des abbés Ringrose et Ortiz. L'enregistrement a été réalisé le 20 mai 2016, à l'occasion de la venue de Mgr Williamson dans cette chapelle.  La vidéo a été réalisée par nos soins.

mardi 24 mai 2016

L’autorité est faite pour la vérité

SourceGloria TV



Sermon de Mgr Williamson à l’inauguration de La Villeneuve (extrait du bulletin "Le Chevalier du Christ-Roi)


Le 14 juillet, lors de l’inauguration du prieuré de La Villeneuve, en présence de Mgr Faure, de nombreux prêtres de la Résistance Catholique et de nombreux fidèles, Mgr Williamson prononça le sermon suivant :


Monseigneur,
Cher Abbé Pivert,
Chers Prêtres,
Chers Fidèles,



C’est une occasion d’allégresse, une grande allégresse de voir une maison en campagne pas faite pour cela, mais en train d’être rendue au service de Dieu, à la gloire de Dieu et au service de la vérité. Et nous félicitons M. l’abbé Pivert, nous le félicitons tous et nous le remercions de son courage et d’avoir réussi à rassembler aujourd’hui tant de fidèles dont plusieurs, sans doute, sont venus d’assez loin. Nous remercions aussi de leur présence les prêtres surtout, un grand nombre de prêtres, qui veulent se joindre à M. l’abbé Pivert pour l’inauguration de cette maison de Dieu. Leur présence donne évidemment de l’importance à cet événement.
Une grange devient une chapelle, une maison devient un prieuré, une ferme devient un lieu de Dieu. Pourquoi cette transformation ? En premier, pour la vérité.



Pour la vérité


lundi 23 mai 2016

Confirmations à La Villeneuve le 10 juillet 2016


Mgr Faure donnera le sacrement de confirmation à La Villeneuve, 

le dimanche 10 juillet.


9 h30 : Confirmations

10 h 30 : Messe

Repas tiré du sac.

Pour la confirmation, s’inscrire à l’avance et fournir copie du livret de famille catholique. Le livret de famille catholique sera complété le jour même.

Cela concerne les enfants et les adultes non confirmés, ou bien confirmés dans le rite moderniste.


Abbé François Pivert     
Prieuré Notre Dame du Christ Roi
La Villeneuve
36120 Jeu les Bois
tél. 02 54 01 05 98
06 79 07 45 50

Secrétariat : Mme Séghiri
Parçay
86700 Romagne
tél. 05 49 87 66 08 et 06 22 55 61 34

samedi 21 mai 2016

Interview de Mgr Fellay au National Catholic Register : traduction exclusive et intégrale du résumé d’Edward Pentin

fellay
« Le pape François attache moins d’importance au Concile et plus au au salut des âmes et aux moyens pour y arriver. »
Une longue interview de Mgr Bernard Fellay au National Catholique Register vient de paraître. Le journaliste Edward Pentin a fait un résumé des différents points abordés, le plus long concernant une future reconnaissance canonique de la FSSPX. Cette interview nous parait grave car elle confirme de façon assumée le changement de langage de la Maison générale de la FSSPX vis à vis de Rome, et ce, malgrès les attaques continuelles du pape contre la doctrine et la morale. Le fond semble tout aussi inquiétant, car comment peut-on affirmer au sujet d’un pape qui ne croit pas à l’enfer qu’il attache beaucoup d’importance « au salut des âmes et aux moyens pour y arriver » ? Voici la traduction intégrale :
« Dans une longue interview avec le journaliste Edward Pentin du Register, le Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X explique comment le pape François a ouvert la porte à une pleine intégration de la FSSPX dans l’Église.
MENZINGEN, Suisse. La réconciliation entre la Fraternité et Rome semble imminente, puisqu’un obstacle clé - l’opposition à certains aspects du concile Vatican II - ne serait plus une raison à l’actuelle séparation d’avec l’Église.
Mgr Bernard Fellay, le Supérieur Général de la FSSPX, a dit au Register le 13 mai dernier « qu’il est convaincu, au moins en partie, par une approche différente », par laquelle, croit-il, le pape François attache moins d’importance au Concile et plus au « salut des âmes et aux moyens pour y arriver. »
Ce message  a été renforcé cette semaine quand le pape François lui-même a laissé entendre que la réconciliation pourrait être proche, en disant au quotidien français La Croix, le 16 mai, que la Fraternité sont « des catholiques, sur la voie de la pleine communion » et qu’« on dialogue bien, on fait du bon travail. »  
Selon Mgr Fellay, le Vatican est en train de dire à la Fraternité, avec des mots nuancés, qu’il est maintenant possible de questionner l’enseignement du Concile sur la liberté religieuse, l’œcuménisme et la réforme liturgique « tout en restant catholique. »
« Cela signifie, aussi, que les critères que l’on nous impose, à savoir que nous devons prouver que nous sommes catholiques, ne seront plus ces points. » dit-il. « Cela, pour nous, serait vraiment important. »
En 1970, Mgr Marcel Lefebvre, un Père spiritain français, fonda la Fraternité pour former et aider les prêtres à diffuser à travers le monde la foi catholique.
Mais son opposition à certains enseignements du concile Vatican II concernant l’œcuménisme, la liberté religieuse et des aspects de la réforme liturgique arriva au clash en 1988, quand Mgr Lefebvre sacra quatre évêques contre l’avis exprès du pape Saint Jean-Paul II. Les cinq ont été frappés par l’excommunication automatique, et la Fraternité est dans une situation canonique irrégulière depuis.
Mgr Lefebvre mourut en 1991, et le Vatican et la Fraternité travaillent ardemment en vue d’une réconciliation depuis l’an 2000.
Benoît XVI chercha à améliorer les relations : d’abord en 2007, en réaffirmant que les prêtres pouvaient célébrer la messe en latin selon le Missel Romain de 1962 (officiellement appelée la forme extraordinaire de la liturgie) et en soulignant qu’elle n’avait jamais été abrogée. Et ensuite en levant, en 2009, les excommunications sur les quatre évêques survivant.
Il a aussi ouvert les discussions officielles pour une réconciliation avec la Fraternité en 2011, mais celles-ci échouèrent parce que le Vatican, apparemment en contradiction avec les souhaits de Benoît XVI, fit monter les enchères sur le point central : que la Fraternité accepte la validité de tout l’enseignement du Concile, y compris les textes sur la liberté religieuse et les droits de l’homme que la Fraternité rejette comme des « erreurs » théologiques. 
La dernière concession révolutionnaire et surprenante sur ce point a, donc, amené la Fraternité au bord de la régularisation qui, affirment certaines sources, pourrait advenir dans les semaines ou mois prochains.
Le pape François a reçu Mgr Fellay pour la première fois en audience privée le mois dernier, démontrant une intention claire de la part du Souverain Pontife de régulariser la Fraternité. « Mgr Fellay est un homme avec qui on peut dialoguer » a-t-il dit à La Croix.
Le pape a aussi annoncé que les confessions de la Fraternité seraient valides et licites durant et après le Jubilé de la Miséricorde. Jusque là, Rome les considérait invalides parce que sans la juridiction nécessaire.
Il semblerait que la FSSPX a un projet d’accord de la part du Vatican à signer pour formaliser la régularisation, mais elle veut s’assurer d’avoir les garanties nécessaires. « La balle est dans leur camp » a précisé une source du Vatican au Register le 12 mai. « Nous voulons qu’ils aillent en avant avec cela. »
2ème partie
Le Message de Menzingen
(…)
Malgré un agenda rempli par de nombreux voyages, Mgr Fellay est arrivé de bonne humeur et a parlé librement et ouvertement en anglais. Il est conscient qu’une réconciliation si proche peut apparaître surprenante et étrange, sous un pape considéré comme étant bien plus préoccupé par d’autres sujets.
« [La situation] est réellement paradoxale, parce que nous n’avons rien changé, et nous continuons à dénoncer ce qui se passe. » dit-il. « Cependant, on voit ce mouvement en notre faveur, à Rome. »  Il explique avoir noté que plus la discussion dure, « le plus Rome devient indulgente. »
Mais il a aussi noté deux approches différentes à Rome sur la question de la Fraternité. « Nous devons distinguer la position du pape, qui est une chose, puis la position de la CDF » a-il expliqué, en se référant au bureau doctrinal du Vatican, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dirigée par le cardinal Gerhard Müller, qui offre des concessions majeures pour la régularisation. « Ils n’ont pas la même approche, mais ils ont la même conclusion, qui est : Finissons-en avec ce problème, donnons la reconnaissance à la Fraternité. »
Selon le chef de la Fraternité, la CDF a « une nouvelle perspective » concernant la FSSPX, et, contrairement aux commentaires faits par le cardinal Müller en 2014, elle ne les voit plus comme schismatiques.
« Cela signifie que les points que nous défendons ne touchent pas les points qui sépareraient la Fraternité de l’Église, soit au niveau du schisme ou, pire, au niveau de l’hérésie, contre la foi » dit Mgr Fellay. « Ils [dans la CDF] estiment toujours que quelque chose doit être clarifiée sur la question  de la perception de ce qu’est le magistère. Mais nous disons que ce sont eux qui créent la confusion. »
Dans une interview au Zenit en février, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui est chargé de travailler à la régularisation de la Fraternité, a expliqué que le Saint Siège veut « une clarification » sur les critiques de la Fraternité par rapport au Concile, mais que cela peut être fait « même après une pleine réconciliation ». Il explique que la Fraternité doit aussi sortir de « la confrontation polémique et antagoniste. » Une source vaticane nous a dit que la FSSPX a déjà « atténué certains de leurs écrits, interviews et publications.» 
Confirmant ce que certaines sources romaines ont dit au Register, Mgr Fellay implicitement a fait comprendre que c’est le Vatican qui a tendu la main à la Fraternité, plutôt que dans l’autre sens, même si la FSSPX voit la réconciliation comme un droit et « une injustice de ne pas nous la donner. » Selon le chef du groupe, Mgr Lefebvre n’a jamais voulu rompre avec Rome, et la FSSPX a toujours insisté qu’elle n’a jamais été schismatique.
Mgr Fellay a dit que quelques uns au Vatican voit la FSSPX comme venant « secourir » ou « aider » l’Église et a révélé que cela est mentionné dans le document de conciliation qu’on leur propose à signer. Une source bien informée explique que Rome donne à la Fraternité « tout » ce dont ils ont besoin pour la pleine réconciliation.
Mais certaines personnes liées à la Fraternité – y compris l’évêque Mgr Williamson, qui a été renvoyé de la FSSPX en 2012 parce que, semble-t-il, il semait la dissidence dans la Fraternité et conseillait contre la réconciliation avec Rome – croient que Mgr Fellay recherche une réconciliation quel que soit le prix et que la Fraternité risque de se mettre sous l’influence de ceux que Mgr Williamson appelle les  « cuckoos modernistes » qui occupent le Vatican.
Mgr Fellay rejette comme « totalement fausse » cette position, en insistant, « Nous n’allons pas compromettre, blesser la foi, la discipline de l’Église. » Au contraire, dit-il « nous demandons à Rome des garanties pour pouvoir continuer comme maintenant.»
« Rome est, pas à pas, en train de nous octroyer ce que nous voyons comme une nécessité et ce qu’ils commencent à voir comme une nécessité, étant donné la situation de l’Église, » explique-t-il.
Une prélature personnelle similaire à celle de l’Opus Dei est la structure canonique la plus probable, et, déjà, par rapport au sujet sensible des nominations épiscopales, la FSSPX a accepté que le pape choisisse un candidat parmi une liste de trois noms proposés par la Fraternité.
Mgr Fellay trouve le pape François déroutant mais affirme qu’il est quelqu’un avec qui, à la longue, il peut traiter sur un plan personnel. « La voie normale pour juger quelqu’un dérive de ses actions en concluant il agit ainsi parce qu’il pense comme cela. » explique-t-il. « Avec le pape actuel on est totalement perplexe, parce qu’un jour il fait quelque chose et le jour après il fait ou dit à peu près le contraire.» 
3ème partie
Dialogue avec François
Mais le chef franco-suisse de la Fraternité a appris comment communiquer avec ce pape, en reconnaissant que François a souvent vu la doctrine comme un obstacle pour amener les gens à Jésus. Pour le pape, explique Mgr Fellay, « ce qui est important c’est la vie, c’est la personne, et donc il essaie de regarder la personne, et alors, si je puis dire, il est vraiment humain. »
Concernant les motivations du pape, Mgr Fellay croit que François est quelqu’un qui veut voir chacun se sauver donc, « comme un secouriste, il défait la corde, qui est sa sécurité, pour se mettre lui-même dans une situation risquée pour essayer d’atteindre les autres » et « c’est probablement ce qu’il est en train de faire avec nous.» 
Interrogé s’il pense que les condamnations fréquentes du pape envers « les docteurs de la loi » et « les fondamentalistes » étaient en partie dirigées contre lui et la Fraternité, il rit, en révélant que des personnes à Rome lui ont dit qu’ils ne savent pas à qui se réfère le pape. «La réponse que j’ai le plus reçue était «les américains conservateurs !» Il rit : « Réellement, franchement, je ne sais pas.« 
Concernant les vues du pape sur la Fraternité en général, Mgr Fellay explique que sa familiarité avec la FSSPX à Buenos Aires aide. En fait, dans son interview à La Croix, François a dit qu’il « a souvent parlé » avec les membres de la FSSPX à Buenos Aires. « Il me respectaient, se mettaient à genoux pour recevoir une bénédiction » a-t-il dit.
Le pape voit que « nous nous occupons des gens » explique Mgr Fellay.
« Certes, il n’est pas d’accord avec nous sur ces points où nous attaquons le Concile. Assurément-pas. Mais pour lui, comme la doctrine n’est pas si importante – l’homme, les gens, le sont bien plus – et là-dessus nous avons donné assez de preuves que nous sommes catholiques.» 
« Il voit que nous sommes vrais – point-final » dit Mgr Fellay. « Certainement il voit des choses sur lesquelles il est en désaccord avec nous, choses qu’il voudrait que nous changions, mais pour lui, cela n’est pas si important. Ce qui est important c’est d’aimer Jésus, et c’est tout.» 
Soucis internes
Mgr Fellay a parlé dans le passé qu’à son avis la Fraternité pourrait « se désintégrer » plutôt qu’être « intégrée » si elle était régularisée. Aussi n’a-t-il pas peur que le pape les courtise pour les emmener à « la pleine communion » dans le but de les neutraliser ?
« Cela n’est pas sa perspective », dit-il. « Je dirais même que c’est le contraire. C’est quelqu’un qui voit comme un avantage à avoir de la controverse. … Aussi je le verrais plutôt nous vouloir comme opposants pour provoquer et créer une nouvelle situation, qui pourrait, d’une façon Hégélienne, apporter une meilleure situation. Bien sûr, nous sommes contre cette approche dialectique, mais ça pourrait être ça. »
En tout cas, la FSSPX cherche a intégré des sauvegardes pour son identité dans un éventuel accord avec Rome. Et ils sont confiants qu’ils pourront continuer à critiquer l’Eglise post-conciliaire et le Concile si nécessaire, surtout parce que bien d’autres voix font de même aujourd’hui. « Nous maintiendrons l’urgence de faire des corrections, et je dirais que, en partie, ils [Rome] sont en train de reconnaître cette urgence, » explique Mgr Fellay.
Et si ces « corrections » ne viennent pas ? « Bien, nous serons patients » dit-il, avant de faire un large sourire. « Elles viendront. »
Mais étant donné les préoccupations exprimées au sujet d’aspects de l’Eglise post-conciliaire d’aujourd’hui, soulignées par la récente controverse sur l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, la Fraternité peut-elle être confiante d’avoir le soutien des fidèles de la Fraternité au sujet d’une réconciliation ?
Cela apparaît comme l’un des plus significatifs inconnues et challenges de la Fraternité. «Ce sera un long travail, et il faudra du temps pour amener les fidèles à réaliser ce nouveau visage dans l’histoire de l’Église, cette nouvelle réalité » concède Mgr Fellay. Mais, ajoute-t-il, ne pas aller de l’avant «parce que les choses sont mauvaises n’est pas ce que Dieu, Notre-Seigneur, demande de ses apôtres.» 
«Je le vois comme une étape
Mgr Fellay est plus sûr à propos de la situation dans l’Église, qu’il voit se détériorer inévitablement.
« La situation de l’Église, quand nous la regardons maintenant, va devenir une situation vraiment embrouillée. » dit-il, ajoutant que « chaque catholique » doit faire sa part pour renforcer l’Église. Une régularisation canonique de la FSSPX n’est pas une solution, dit-il, parce que le problème « est dans l’Église » et ce qui arrive maintenant, « c’est à dire une confusion à tous les niveaux, moral et doctrinal.» 
Alors voit-il la main tendue du Vatican comme une justification de ce que la Fraternité a représenté pendant des décennies ?
« Je le vois comme une étape, dit Mgr Fellay, « qui prouve combien nous avons eu raison, mais ce n’est pas du tout la fin.»
Edward Pentin est le correspondant à Rome du Register.

Note de la rédaction (Medias-Presse-Info): L’interview a abordé quelques questions secondaires : un possible chapeau de cardinal que Mgr Fellay ne demandera pas au pape car c’est au Pontife, dit-il, de choisir ses cardinaux, le futur de l’évêque expulsé de la Fraternité, Mgr Williamson, « qui s’en va vers l’abysse »« un caillou dans l’océan » pour le Supérieur Général de la FSSPX, l’estime sincère de Mgr Fellay envers François…


SOURCE: Medias Presse Info

jeudi 19 mai 2016

Pèlerinage du Combat de la Foi au Puy-en-Velay

La Résistance Catholique au Puy pour la 

Pentecôte...


Le combat de la Foi continue !


Source: France Fidèle

Plus de 700 pèlerins sont venus des quatre coins de la France pour honorer leur Reine et gagner l'indulgence jubilaire du Puy. Le samedi soir, après une longue marche, ils ont pu entendre le vibrant sermon de M. l'abbé Pinaud qui encourageait tous les pèlerins à ne pas faiblir dans la Foi de toujours afin de ressembler à ces milliers de chevaliers qui partaient en croisade contre le musulman au chant du Salve.
Le lendemain, dimanche de la Pentecôte, les pèlerins eurent la joie d'assister  à la Messe pontificale célébrée par Dom Thomas d'Aquin.  Le pontife a instamment invité les fidèles à continuer le combat de la Foi à la suite de Mgr Lefebvre.

Nous remercions Monsieur l'Abbé Pivert pour ses photos: 































mardi 17 mai 2016

Normalisation canonique? par Dom Thomas d'Aquin

Normalisation canonique?

Avril 2016


Dans une lettre du 19 février, Monsieur l’abbé Franz Schmidberger a exposé les raisons pour lesquelles lui parait arrivée l'heure de normaliser la situation de la Fraternité Saint Pie X et, sans doute, des communautés amies.
Dans les raisons avancées par l’ancien Supérieur Général, nous trouvons le fait que Dom Lefebvre aurait recherché une régularisation canonique pour sa congrégation. A vrai dire, Mgr Lefebvre recherchait beaucoup plus que cela: il recherchait la survie de l’Eglise. La question canonique a son importance, mais ce que recherchait surtout Mgr Lefebvre, c’était la sauvegarde de la Tradition, sans les entraves par lesquelles les libéraux la paralysent.
Parlant de Mgr Antonio de Castro Mayer, Mgr Lefebvre disait (il me semble que c’était en 1985) qu’il fallait que l'évêque émérite de Campos comprenne qu’il était nécessaire de rentrer dans l’illégalité. Mgr de Castro Mayer, malgré une analyse théologique profonde de la crise actuelle, restait prisonnier d’un légalisme qui le paralysait. Par crainte de l’illégalité, Mgr de Castro Mayer n’ordonna aucun prêtre entre 1984, date où il fut contraint de quitter la charge d’évêque titulaire de campos, et 1988, date des sacres des quatre évêques de la FSSPX. Mgr Lefebvre avait mieux compris ce que dit Saint Paul: “la lettre tue, mais l’esprit vivifie”. Il avait discerné que le coup de maître de Satan avait été de lancer toute l’Eglise dans la désobéissance à la Tradition, précisément par obéissance; l’obéissance retournée contre sa finalité; le bien au service du mal.
Que Mgr Lefebvre ait, un temps, recherché une solution canonique est évident, mais qu’il ne l’ait pas trouvée est plus évident encore. Et il ne l’a pas trouvé parce qu’elle n’existait pas, et n’existera pas tant que Rome est occupée par les ennemis de la Royauté universelle de Notre Seigneur Jésus Christ. C’est pour cette raison que Mgr Lefebvre sacra quatre évêques en 1988. Il en aurait probablement sacré plus si Mgr de Castro Mayer avait désigné des prêtres pour recevoir l’épiscopat, comme il lui fut proposé par l’intermédiaire de Dom Gérard qui vint au Brésil en 1987, avec la mission de lui faire cette requête.
Mgr Lefebvre pensait que Mgr de Castro Mayer aurait pu refuser d’abandonner sa charge et aurait pu choisir son successeur, luttant ouvertement contre la Rome moderniste, pour préserver son diocèse des erreurs actuelles. C’est ce que Mgr de Castro Mayer fit ensuite, mais dans des conditions plus difficiles, ayant accepté sa démission comme évêque titulaire de Campos.
Certes, Mgr Lefebvre souhaitait une solution canonique, mais une solution qui ne fut pas fausse, mais conforme à la Vérité.
Pour l’abbé Schmidberger, le moment de cette vraie normalisation parait arrivé, parce que Rome ne parle plus d’accepter Vatican II ni la légitimité du Novus Ordo. Il dit aussi que la Fraternité ne se taira pas au sujet des erreurs modernes.
Ces garanties semblent assez fragiles, car Dom Gérard et Campos disaient aussi qu’aucune limitation ne serait imposée à leur combat anti-moderniste. Ils nous promettaient de continuer le combat et certains allaient même jusqu’à dire que c’était maintenant que le combat allait vraiment commencer, parce qu’ils allaient lutter de l’intérieur même de l’Eglise. Pure illusion, comme les faits le montrèrent. Illusion et fausse doctrine, selon laquelle la Tradition serait hors de l’Eglise.
Mgr Lefebvre voyait bien ces illusions chez Dom Gérard. Tant qu’à Rome règnera le modernisme, tout espoir d’une normalisation véritable sera vain.
L’abbé Schmidberger affirme également que la Résistance a perdu le sens et l’amour de l’Eglise. Nous devrions bien sûr avoir plus de vertu, plus de Foi et plus de Charité. Nous pouvons cependant dire en notre défense que, dans la Résistance, on étudie Pascendi, le Syllabus, Quanta Cura, Quas Primas, Quadragesimo Anno, etc. Dans la Résistance on lit l’Histoire du catholicisme libéral du Père Emmanuel Barbier. Dans la Résistance, on traduit le livre Pierre m’aimes-tu de Daniel le Roux. Dans la Résistance on publie le Sel de la Terre, on y vénère NN. SS. Lefebvre et de Castro Mayer et leurs oeuvres sont étudiées et expliquées aux fidèles.
Si nous ne faisons pas plus, c’est de notre faute, mais nous faisons quelque chose, et cela, je crois que nous le faisons parce que nous avons le sens et l’amour de l’Eglise.
Si nous manquons d’amour de l’Eglise, que Dieu nous le donne. Si nous l’avons déjà, que Dieu nous le conserve et le fasse croître par l’intercession du Coeur Immaculé et Douloureux de Marie.

+ Thomas d’Aquin OSB